gradient blue
gradient blue
A la une Société

Patrimoine en lumière – Kobbet Lahwa à La Marsa – Un joyau architectural en danger : agissons vite !

  • 26 mars 17:30
  • 4 min de lecture
Patrimoine en lumière –  Kobbet Lahwa à La Marsa – Un joyau architectural en danger : agissons vite !

La Tunisie regorge d’un patrimoine matériel et immatériel d’une richesse exceptionnelle, fruit de plusieurs civilisations qui s’y sont succédé au fil des siècles.

Les vestiges anciens, les centres historiques et l’architecture atypique témoignent d’un passé profond et varié tandis que les traditions, les savoir-faire artisanaux et les pratiques culturelles reflètent l’âme d’un peuple, ses valeurs et son histoire.

Dans cette rubrique, nous mettons en lumière ce patrimoine précieux afin de le préserver et le sauvegarder pour les générations futures

La  Presse — À La Marsa, là où les vagues viennent caresser doucement le rivage, se dresse Kobbet Lahwa. Sa coupole blanche, élégante et légère, semble flotter entre ciel et mer.

Sur les cartes postales de la ville, elle apparaît comme un joyau architectural reflétant le charme et l’histoire de La Marsa. On a l’impression qu’elle veille sur la Méditerranée depuis des siècles.

Ce pavillon, aujourd’hui emblème de la ville, raconte une histoire qui mêle les beys husseinites, les transformations urbaines et le défi de préserver le patrimoine.

Un bâtiment pensé pour le vent et la lumière

Kobbet Lahwa a été construite au XIXe siècle sous le règne d’Ali III Bey. À l’époque, c’était un pavillon de plaisance et était conçu comme résidence estivale de la famille beylicale.

Sa coupole, ouverte sur l’horizon, et ses fenêtres largement ajourées laissent passer le vent et la lumière.

On comprend vite pourquoi elle porte le nom de «Lahoua», la brise, tant l’air marin semble traverser les murs et remplir l’espace.

Chaque détail montre que l’architecture n’était pas seulement décorative, mais pensée pour le confort et la contemplation.

L’architecture dans ses moindres détails

Le bâtiment combine le style beylical traditionnel et les influences méditerranéennes. Il est surélevé, presque suspendu au-dessus du rivage, avec des terrasses et des toits plats qui offrent des points de vue exceptionnels sur la mer.

Les arcatures et les fenêtres décoratives donnent au pavillon une élégance simple mais raffinée.

La pierre locale et le plâtre utilisés par les artisans confèrent à Kobbet Lahwa son équilibre entre solidité et légèreté.

L’ensemble témoigne de la maîtrise des architectes et de leur capacité à adapter le bâtiment au climat et au paysage.

Un héritage façonné par l’histoire

Kobbet Lahwa a connu de nombreux propriétaires. Elle appartenait d’abord aux beys. Après l’indépendance, en 1963, elle fut nationalisée et confiée à la municipalité de La Marsa.

Dans les années 1980, elle passa à des propriétaires privés, la famille Berrachid, tout en restant en partie sur le domaine public maritime. Aujourd’hui, elle est à la fois propriété privée et monument classé, ce qui la place sous la protection stricte de l’État.

Un patrimoine protégé par la loi

Kobbet Lahwa bénéficie de la loi n°94-35 du 24 février 1994 sur la protection du patrimoine historique, et de son classement comme monument historique national en 2022. Cette reconnaissance permet de limiter toute altération du monument et d’assurer sa préservation.

Le code du domaine public maritime ajoute des contraintes pour protéger la partie du bâtiment qui touche la mer. Ces textes montrent à quel point ce lieu est précieux et fragile à la fois.

Au fil des décennies, ce monument est devenu plus qu’un pavillon. Il a subi beaucoup de transformations notamment avec l’ajout d’un étage modifiant ainsi son architecture d’origine A un moment de son histoire, la coupole est devenue l’un des restaurants les plus chers de la ville.

Les Marsois se souviennent des soirées d’été sur ses terrasses.

Aujourd’hui, Kobbet Lahwa subit l’épreuve du temps et de la mer. L’érosion, le manque d’entretien et certaines transformations ont fragilisé sa structure. Ses pilotis ne cessent de se détériorer et les risques d’effondrement sont très élevés.

Pourtant, elle reste un symbole vivant de La Marsa et un témoin du passé beylical.

Restaurer ce pavillon ne serait pas seulement un acte architectural, mais un geste de mémoire pour préserver l’âme de la ville et la beauté d’un patrimoine unique.

Il faut, donc, agir vite c’est une véritable course contre la montre avant que ce joyau typique ne s’effondre complètement.

Auteur

Samira Hamrouni

You cannot copy content of this page