gradient blue
gradient blue
A la une Economie

Les défis de la sécurité alimentaire : Le développement rural, clé d’une résilience durable

Avatar photo
  • 27 mars 20:15
  • 4 min de lecture
Les défis de la sécurité alimentaire : Le développement rural, clé d’une résilience durable

Le développement rural en Tunisie n’est plus seulement un enjeu social : il devient un levier stratégique de croissance économique.

Près de la moitié de la population rurale dépend directement de l’agriculture, pour moderniser les filières, sécuriser les ressources et faciliter l’accès aux marchés.

Cela représente un impératif pour renforcer la sécurité alimentaire et stimuler l’économie tunisienne.

La Presse — Le développement rural en Tunisie constitue à la fois un potentiel majeur de croissance économique et un défi social important, au cœur des enjeux du pays.

Chokri Faouzi, expert en développement rural et économie agricole, a déclaré que près de 50 % de la population rurale dépend directement de l’agriculture et des activités annexes, mais que ces zones continuent de souffrir d’un accès limité aux infrastructures, au financement et aux marchés.

Pour lui, le développement rural est lié à la sécurité alimentaire et à la réduction des inégalités économiques, ce qui en fait une priorité stratégique pour la Tunisie.

Des obstacles de taille

En 2026, trois secteurs se distinguent par leur dynamisme : l’agriculture irriguée, centrée sur la production de fruits et légumes destinés aux marchés locaux et à l’export ; l’élevage, avec un accent croissant sur la production laitière et la transformation de la viande ; et enfin les filières à forte valeur ajoutée, comme l’huile d’olive, les dattes et les produits agro-transformés.

Ces filières bénéficient de projets publics et privés visant à moderniser les techniques agricoles et à améliorer la productivité, permettant aux exploitants de mieux répondre à une demande nationale et internationale en pleine expansion.

Pour autant, plusieurs défis demeurent. L’accès au crédit agricole reste limité, surtout pour les petites exploitations familiales, tandis que les infrastructures, telles que les routes, les structures de stockage et les systèmes d’irrigation modernes, restent insuffisantes.

L’accès aux marchés et aux technologies reste également un obstacle, car de nombreux producteurs continuent de dépendre d’intermédiaires pour écouler leurs produits.

Le stress hydrique constitue un problème majeur, notamment dans les régions du Sud et du Centre, où le déficit en eau limite la production.

Chokri Faouzi souligne que des mesures adaptées sont indispensables pour sécuriser les ressources en eau et garantir la durabilité de la production agricole.

Dépasser les contraintes

Pour répondre à ces contraintes, le gouvernement tunisien, en partenariat avec plusieurs programmes internationaux, a lancé des initiatives ciblées : la réhabilitation des périmètres irrigués et la modernisation des systèmes d’irrigation, le développement de la transformation agroalimentaire afin d’augmenter la valeur ajoutée locale, l’encouragement à l’investissement des jeunes et des femmes dans les micro-entreprises rurales, et le renforcement des coopératives agricoles pour faciliter l’accès aux marchés

. Ces actions traduisent une volonté claire de soutenir la productivité, la compétitivité des zones rurales et l’inclusion sociale, tout en consolidant le rôle de l’agriculture dans le tissu économique.

Les résultats sont déjà visibles. L’amélioration des infrastructures et l’accès au financement ont permis d’augmenter les rendements et d’améliorer les revenus des exploitants.

Dans certaines régions du Sahel et du Centre, la production maraîchère connaît ainsi une croissance annuelle de 10 à 15 % grâce à l’irrigation modernisée.

Les filières exportatrices, comme les dattes et l’huile d’olive, génèrent également des emplois indirects dans le transport, le conditionnement et la commercialisation, montrant que le développement rural peut devenir un véritable moteur de croissance, tant locale que nationale.

Chokri Faouzi rappelle que l’économie rurale doit être considérée comme un levier stratégique pour une croissance durable. Selon lui, les décideurs doivent garantir la sécurité foncière, développer l’accès au financement et renforcer la formation technique des exploitants.

De leur côté, les investisseurs peuvent tirer parti de la transformation agroalimentaire et de la production durable, deux secteurs aujourd’hui en forte demande sur les marchés locaux et internationaux, offrant des opportunités concrètes de création de valeur et de dynamisation économique à l’échelle nationale.

Avatar photo
Auteur

Sabrine AHMED

You cannot copy content of this page