Mission économique à Madagascar : Pour des partenariats opérationnels
Dans un contexte de diversification des partenariats économiques, la Tunisie renforce son ouverture vers l’Afrique subsaharienne.
À travers une mission multisectorielle à Madagascar, le Conseil d’affaires tuniso-africain entend positionner les entreprises tunisiennes sur un marché en pleine croissance, riche en opportunités, mais encore largement sous-exploité.
La Presse — Le Conseil d’affaires tuniso-africain (Tabc) organise, du 30 mars au 4 avril, une mission économique multisectorielle à Madagascar.
Selon le Conseil, cette mission, organisée en partenariat avec la Chambre de commerce Tunisie-Madagascar (Cctm) et l’« Economic Development Board of Madagascar », constitue une initiative structurante conjointe entre ces diverses institutions.
Il s’agit d’une mission qui vise à ouvrir aux entreprises tunisiennes des perspectives concrètes d’affaires dans l’un des marchés les plus prometteurs de l’océan Indien.
Avec plus de 28 millions d’habitants, Madagascar s’impose aujourd’hui comme un marché stratégique, à la fois par sa taille et par sa position géographique.
Véritable porte d’entrée vers la région de l’océan Indien et la Communauté de développement de l’Afrique australe (Sadc), le pays bénéficie d’une trajectoire économique en nette accélération.
Tirée par des programmes d’infrastructures, d’industrialisation et de modernisation, sa croissance devrait dépasser les 6 % à l’horizon 2026, selon la Banque mondiale.
Dans ce contexte, les opportunités d’investissement apparaissent nombreuses et diversifiées. L’agriculture et l’agro-industrie, qui représentent près de 23 % du PIB, offrent un potentiel considérable, notamment dans la transformation locale, encore limitée à moins de 20 % des matières premières.
Le secteur minier, riche en nickel, graphite et saphir, constitue également un levier d’attractivité majeur.
Mais c’est sans doute dans le secteur de l’énergie que les marges de développement sont les plus significatives.
Avec un taux d’électrification inférieur à 25 % (et à peine 10 % dans les zones rurales), les besoins sont immenses. Mini-réseaux ruraux, projets en partenariat public-privé dans le solaire et l’hydraulique, solutions hybrides…, autant de créneaux susceptibles de mobiliser l’expertise tunisienne, notamment en matière d’ingénierie, d’équipements et de maintenance.
Le tourisme, lui aussi, offre des perspectives prometteuses. Avec un déficit estimé à 20.000 chambres, le secteur ouvre la voie à des partenariats structurants entre opérateurs tunisiens et malgaches.
À cela s’ajoutent d’autres segments porteurs, tels que le textile et l’industrie en zone franche, la pêche et l’aquaculture, ainsi que les télécommunications et le numérique.
Approche opérationnelle
Au-delà des opportunités sectorielles, cette mission économique se distingue par son approche opérationnelle. Le programme prévoit des rencontres B2B ciblées, des échanges institutionnels de haut niveau, des présentations de projets concrets, ainsi que des sessions d’information dédiées aux cadres réglementaires et financiers.
L’objectif est clair : transformer les intentions en partenariats effectifs, qu’il s’agisse d’implantations, de joint-ventures ou de représentations locales.
Cette initiative intervient, en effet, dans le prolongement de la signature récente d’une convention de coopération entre la Chambre de Commerce Tunisie -Madagascar et l’Economic Development Board of Madagascar (Edbm), destinée à structurer les échanges bilatéraux et à stimuler les investissements croisés. Car, en dépit d’une progression notable ces dernières années, les échanges commerciaux entre les deux pays restent encore à un niveau faible.
En 2024, les exportations malgaches vers la Tunisie ont atteint 2,39 millions de dollars, affichant une croissance moyenne de 150 % depuis 2020.
Parallèlement, les importations de produits tunisiens, notamment des câbles électriques et des produits alimentaires, ont dépassé les 12 millions de dollars. Des chiffres en hausse, mais qui demeurent modestes, représentant moins de 0,3 % du commerce extérieur des deux pays. Un niveau qui illustre, tout de même, l’ampleur du potentiel encore inexploité.
Dans cette perspective, le nouvel accord prévoit une série d’actions concrètes : organisation de rencontres d’affaires, promotion ciblée des opportunités d’investissement et facilitation des partenariats industriels.
L’enjeu est de poser les bases d’une relation économique plus dense, plus équilibrée et surtout plus visible. Forte de son savoir-faire dans les secteurs industriel, électrique, agroalimentaire et numérique, la Tunisie dispose d’atouts réels pour s’imposer comme un partenaire de référence.



