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Culture

Sonia Ben Slimane à Archivart Gallery : Fragments du passé et poétique du rêve 

  • 27 mars 17:45
  • 3 min de lecture
Sonia Ben Slimane à Archivart Gallery : Fragments du passé et poétique du rêve 

L’influence des peintures rupestres d’Altamira ou des tapisseries anciennes d’Asie de l’Est ne se limite pas, dans son travail, à l’ornementation, elle structure un rapport au temps où les époques se superposent, donnant à l’œuvre une densité historique tout en la libérant de la linéarité chronologique. 

La Presse —La galerie Archivart expose, à partir du 4 avril, les œuvres de Sonia Ben Slimane réunies sous l’intitulé «Cette part de vestiges en moi…».

Durant un mois, le public pourra découvrir l’univers de cette artiste visuelle tuniso-espagnole basée à Copenhague.

Née en 1996 à Tunis, Sonia Ben Slimane a été formée à l’Atelier de Sèvres, à l’École Nationale Supérieure des Arts de Limoges et à Københavns Kunstskole, elle développe une pratique entre peinture, céramique et sculpture.

Son univers est nourri d’imaginaire, de contes et de poésie où taureaux, renards, poissons volants ou citrons éclairant le ciel, deviennent créatures symboliques.

Son exposition «Cette part de vestiges en moi…» s’inspire des peintures rupestres d’Altamira, à Santillana Del Mar près de Santander en Cantabrie (Espagne), l’une des cavités ornées les plus célèbres de la Préhistoire.

Elle abrite le premier ensemble pictural préhistorique étudié et remonte à la fin du Paléolithique supérieur, période magdalénienne.

Son style s’inscrit dans l’art préhistorique franco-cantabrique, reconnu pour le réalisme frappant de ses représentations et la prédominance des motifs animaliers.

L’artiste puise également son inspiration dans les grottes de Charama, situées sous les remblais de Chandeli et Gotitola, dans la région tribale de Bastar, en Inde, ainsi que dans d’anciennes tapisseries venues d’Asie de l’Est.

Dans un texte présentateur, la galeriste Wafa Gabsi note que Sonia Ben Slimane éprouve une véritable jubilation à célébrer les vestiges «retrouvés». Chaque œuvre apparaît comme un fragment ressuscité du passé, où le réalisme magique côtoie l’imaginaire, le conte et la poésie.

Taureaux et renards y prennent des allures symboliques, tandis que des scènes où la logique s’efface (poissons volants ou citrons illuminant le ciel) ouvrent un espace d’exaltation créative.

Selon Gabsi, l’artiste, guidée par une fréquentation quotidienne des poètes, retrouve dans son travail un univers d’enfance intime et magique.

Le surréalisme, omniprésent, lui permet de s’affranchir des pesanteurs d’une réalité trop tangible.

L’influence des peintures rupestres d’Altamira ou des tapisseries anciennes d’Asie de l’Est ne se limite pas, dans son travail, à l’ornementation, elle structure un rapport au temps où les époques se superposent, donnant à l’œuvre une densité historique tout en la libérant de la linéarité chronologique.

La jeune femme propose un univers où la mémoire, le symbolique et le poétique s’entrelacent, produisant un langage visuel à la fois intime et universel.

Elle interroge notre rapport au passé et à l’imaginaire tout en veillant à redéfinir les frontières de la représentation picturale. A découvrir.

Auteur

Meysem MARROUKI

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