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Société

Culture du quinoa : Et si les domaines arides en fleurissaient ?

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  • 28 mars 20:00
  • 5 min de lecture
Culture du quinoa : Et si les domaines arides en fleurissaient ?

La production du quinoa avance à pas sûrs dans certaines régions du pays. Environ cinq hectares sont cultivés pour produire cette pseudo-céréale et introduire ainsi, dans notre patrimoine agricole et nutritionnel, un produit naturel, parfaitement adapté aux spécificités climatiques de notre territoire.

Il s’agit d’un pas franchi en matière de diversification des richesses naturelles via l’introduction et la valorisation de variétés nouvelles, prometteuses car durables, dotées de grandes vertus nutritionnelles et certainement rentables.

Le quinoa est un produit connu pour ses vertus nutritionnelles et diététiques et pour sa résistance aux situations climatiques extrêmes. Il s’aligne parmi les choix du futur, recommandés dans le cadre des cultures durables.

La Presse — Depuis une dizaine d’années, un groupe multidisciplinaire de chercheurs  investis dans le laboratoire des recherches sur les plantes extrémophiles, relevant du Centre des biotechnologies à Borj Cédria, s’active pour intégrer le quinoa dans notre activité agricole.

Ce travail de recherche  s’appuie, aussi, sur bon nombre de collaborations internationales, notamment des partenariats bilatéraux avec des laboratoires de recherche et des mécanismes technologiques spécialisés, relevant de pays européens comme l’Allemagne, la France et l’Espagne et autres, maghrébins notamment l’Algérie et le Maroc. «Les collaborations bilatérales sont menées dans le cadre de projets de recherche sur le quinoa.

Notre équipe — que je chapeaute —,  a étudié les différentes variétés de quinoa pour sélectionner celles qui s’adaptent le mieux aux climats dans les régions afin de les  introduire et les valoriser. L’on ne compte pas moins de dix-huit mille variétés de quinoa. Nous avions présélectionné quelque trois cents variétés susceptibles d’être cultivées en Tunisie.

Au final, nous n’avons retenu qu’une dizaine, lesquelles s’adaptent facilement aux caractéristiques respectives des régions», explique le Dr Arafet Manaâ, chercheur et maître de conférences au Centre des biotechnologies de Borj Cédria à La Presse.

Le quinoa de Gabès et celui de Kébili

En tant que plante extrémophile, le quinoa est réputé pour sa résistance aux conditions climatiques extrêmes. Sachant que notre climat regroupe des conditions rudes dont l’aridité, la sécheresse, le manque d’eau ainsi que la salinité, le quinoa vient comme une lueur d’espoir pour les agriculteurs dont les terres sont dominées par la précarité du sol et les modestes ressources hydriques.

«En 2021, nous avions tâtonné la prédisposition des agriculteurs en panne de solutions. Nous avions proposé à chacun d’entre eux de cultiver une petite parcelle de cinq cents mètres carrés et d’observer avec ravissement la métamorphose de leurs terres salines et infertiles en des petits paradis, ce qui fut fait.

Du coup, ils étaient nombreux à y consentir avec enthousiasme. Actuellement, poursuit-il, nous travaillons avec deux groupements de développement agricole, soit le GDA de Gabès et celui de Kébili. Cette collaboration nous a permis de créer deux produits, à savoir le quinoa «Sahara» et le quinoa «Al Janoub»».

Place à la transformation du quinoa

La phase de production va bon-train. La familiarisation avec ce produit agricole pas comme les autres continue. Ce produit séduit de plus en plus d’agriculteurs. Certains vont même jusqu’à l’importer pour le vendre à raison de 30dt à 40dt le kilo. Manifestement, la culture du quinoa est une véritable poule aux œufs d’or.

Le seul bémol qui ralentit cet élan réside dans l’absence des moyens et des équipements indispensables à la transformation de cette graine. Contrairement à d’autres pseudo-céréales, le quinoa, lui, est recouvert d’une enveloppe de saponine, responsable de son goût amer. Aussi est-il fondamental de disposer des moyens (matériels ou humains), à même de nettoyer le quinoa et de le préparer à la phase de transformation, ce qui implique d’importants budgets.

Le Dr Manaâ ainsi que son équipe ont initié les agriculteurs-preneurs aux étapes succédant à la production, en mettant à leur disposition des prototypes leur expliquant comment semer, collecter et nettoyer ce produit. Des études sur le processus de transformation ont été réalisées. Idem pour le marché qui enregistre  une honorable demande. «Nous sommes en contact avec une enseigne nationale de produits à base de céréales transformées. Cette entreprise a signifié son intention d’introduire le quinoa dans sa chaîne de production», renchérit le Dr Manaâ.

Des pas considérables ont été franchis pour l’intégration de cette pseudo-céréale dans l’agriculture. Mais beaucoup reste à faire afin de mieux généraliser l’expérience, sensibiliser davantage d’agriculteurs mais aussi les consommateurs. Certes, le prix du quinoa est loin d’être à la portée de monsieur tout-le-monde. Néanmoins, une production accrue de ce produit permettrait de mieux maîtriser son prix sur le marché. Elle serait vivement souhaitable car elle sera inévitablement au service de l’agriculture durable, de la sécurité alimentaire  et d’une bonne hygiène nutritionnelle.

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Auteur

Dorra BEN SALEM

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