Transport touristique : la décision de la BCT va-t-elle freiner le marché des véhicules ?
La Banque centrale de Tunisie (BCT) a récemment classé les véhicules de tourisme et de transport parmi les produits non prioritaires à l’importation, une mesure qui pourrait bouleverser le marché du transport touristique dans le pays.
Désormais, les établissements financiers ne pourront plus accorder de crédits à l’importation sans exiger des dépôts équivalents de la part des concessionnaires, rendant plus contraignante la mobilisation de liquidités pour maintenir l’activité.
Les opérateurs du secteur s’inquiètent des conséquences à court et moyen terme. Selon les experts, cette décision pourrait entraîner une pression accrue sur la trésorerie, une baisse progressive des capacités d’importation et une réduction des disponibilités de véhicules pour le transport touristique, dans un contexte où la demande reste soutenue.
“La mesure va impacter toute la chaîne du transport touristique”, estiment les experts, “des importateurs aux entreprises de transport, en passant par les agences touristiques”.
Les acteurs du secteur redoutent notamment un ralentissement des renouvellements de flotte et une augmentation des prix pour les véhicules disponibles, ce qui pourrait répercuter les coûts sur les voyageurs et les entreprises touristiques.
La BCT justifie cette décision par la nécessité de préserver les réserves de change et de réguler les flux d’importation, en particulier pour les biens jugés non essentiels.
Les véhicules de tourisme, bien qu’indispensables pour le transport de personnes, sont désormais considérés comme non prioritaires au regard de la politique monétaire et des contraintes de devises.
Certains professionnels plaident pour un aménagement de la mesure, par exemple en permettant des crédits partiels ou en prévoyant des exceptions pour les opérateurs touristiques, afin de limiter les perturbations sur un secteur clé de l’économie tunisienne.
En attendant, les concessionnaires et transporteurs devront trouver des solutions financières alternatives, alors que l’offre de véhicules pourrait se contracter dans les mois à venir, menaçant l’équilibre fragile du marché du transport touristique en Tunisie.



