Cosmétiques et santé : La vigilance est de mise !
«L’impact des produits cosmétiques sur la santé» a eu droit à un atelier d’information et de réflexion, organisé jeudi dernier par la Cité des sciences de Tunis dans le cadre d’une nouvelle rubrique baptisée «Parole de science».
L’objectif étant de focaliser l’intérêt sur des thèmes ayant trait au quotidien des Tunisiens et qui renvoient à des réalités scientifiques méritant d’être véhiculées.
Le présent thème a été accordé par le Centre national de pharmacovigilance via ses éminentes compétences, à savoir le Pr Riadh Daghfous, directeur général, et le Pr Sihem Aidli, chef de service.
La Presse —Partant de la définition d’un produit cosmétique, lequel fait souvent partie des produits basiques de l’hygiène corporelle et capillaire, le Pr Aidli lève le mystère sur plusieurs composants qui risquent d’être nocifs pour la santé. En effet, tout produit – pharmaceutique soit-il ou cosmétique ou encore intermédiaire- est composé d’un principe et de plusieurs excipients.
Ces derniers peuvent se limiter à quelques substances tout comme ils peuvent être comptés par dizaines. «Il y a une multitude d’excipients, mentionnés en détail sur l’emballage et sur le flacon. Dans ce domaine, l’on compte 25 mille substances. Certes, elles sont nécessaires à la fabrication desdits produits. Toutefois, plus le nombre d’excipients utilisés est important plus le risque sur la santé augmente», explique le Pr Aidli.
Excipients : un danger quantitatif et qualitatif
Le risque devient de taille du moment où certains fabricants de contrefaçon usent d’excipients prohibés. «Sachant parfaitement la dangerosité de ces substances, les fabricants des produits contrefaits les utilisent quand même mais évitent de les mentionner sur l’emballage», souligne le Pr Daghfous.
A qui se fier ?
Les spécialistes en pharmacovigilance appellent les consommateurs à être regardants quant à la qualité des produits cosmétiques achetés. Pour ce, plusieurs points doivent être pris en considération. D’abord, le lieu d’achat du produit. Le Pr. Daghfous donne le feu vert pour les produits cosmétiques vendus en pharmacie et dans les parapharmacies.
Cette confiance accordée à ces deux types d’unités commerciales revient au contrôle rigoureux auquel elles obéissent et les produits médicaux et ceux, cosmétiques et intermédiaires. Il est également permis d’acheter les cosmétiques auprès des espaces commerciaux réglementaires. Ces derniers doivent garantir des produits d’une traçabilité sans faille et d’une bonne qualité, dont la provenance, les dates de fabrication et de péremption permettent une utilisation sans risque. «En dépit de ces garanties, le consommateur doit vérifier l’étiquetage.
Un produit qui compte le moins d’excipients possible est sans doute le plus sain», renchérit la spécialiste. Et d’ajouter que l’usage des produits cosmétiques et ceux d’hygiène corporelle et capillaire doit se limiter à des quantités minimes et suffisantes. Tout excès risque d’avoir des répercussions sur la santé en raison de l’accumulation des excipients.
Gare au commerce parallèle !
Pour mieux choisir ses produits cosmétiques, il faut surtout se méfier du commerce parallèle et ses deux facettes, notamment les souks et le commerce en ligne, mené par des comptes douteux.
«C’est qu’on ignore la fiabilité de la qualité des produits proposés. D’ailleurs, ils sont, majoritairement, contrefaits. On ignore même dans quelles conditions ils ont été fabriqués et par quelles substances», explique le Pr Daghfous.
Et d’ajouter que faire face au commerce parallèle et à ses produits contrefaits implique l’instauration d’un système de contrôle efficient car applicable et ce, afin de limiter au mieux les risques de ces produits sur la santé.
«La contrefaçon, note-t-il, constitue un problème mondial. En France, 80% des produits cosmétiques utilisés sont contrefaits. En Tunisie, une législation se prépare dans l’optique de tout contrôler, désormais».
Il est clair que, pour faire l’acquisition d’un produit cosmétique, il convient de vérifier le nom et l’adresse du fabricant, afin d’éviter de se faire arnaquer. Il importe aussi de lire l’étiquetage afin de s’assurer que le produit ne contient pas d’allergène ou encore une liste exhaustive d’excipients. La date de fabrication, celle de péremption, le délai d’utilisation et le lieu d’achat constituent des détails à vérifier pour s’assurer de la fiabilité du produit.
Déclarer les produits douteux
Par ailleurs, la lutte contre les arnaques et contre l’invasion de produits non conformes aux normes doit rimer avec dénonciations.
Le Pr Aidli insiste sur la nécessité d’attirer l’attention du commerçant et/ou du fabricant en cas d’impact nocif sur la santé.
«La Tunisie a interdit l’importation de certains produits suspicieux de lissage capillaire.
Il semble, poursuit-elle, que ces produits sont à l’origine de sérieuses insuffisances rénales, lesquelles ont été diagnostiquées auprès des femmes ayant utilisé d’une manière fréquente lesdits produits. Sans la déclaration et la dénonciation effectuées par un médecin néphrologue, ces produits auraient continué à être commercialisés sur le marché et utilisés par les coiffeurs.
La déclaration et la dénonciation représentent un moyen de lutte contre les cosmétiques dangereux et de mauvaise qualité». Aussi recommande-t-elle, en cas d’impact nocif d’un cosmétique sur la santé, de consulter un médecin afin de traiter le problème et de retrouver la santé au plus vite.
Il convient, en un deuxième temps, de déclarer l’incident au Centre national de pharmacovigilance ou encore à l’Agence nationale d’évaluation des risques en prenant soin de remplir le formulaire disponible sur le site web du centre.
Il importe, par ailleurs, de prendre le produit en question en photo et de prélever un petit échantillon permettant d’analyser sa composition. Encore faut-il mentionner le lieu d’achat.



