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Global Financial Centres Index : comment expliquer l’absence de la Tunisie ?

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  • 29 mars 12:45
  • 3 min de lecture
Global Financial Centres Index : comment expliquer l’absence de la Tunisie ?

La Tunisie n’apparaît dans aucune des éditions récentes du Global Financial Centres Index (GFCI), le classement semestriel de référence des centres financiers mondiaux publié par le think tank britannique Z/Yen en collaboration avec le China Development Institute. Cette absence, à la fois au niveau mondial et continental, soulève des questions sur l’intégration de la place financière tunisienne dans l’économie financière internationale.

En effet, le Global Financial Centres Index évalue la compétitivité de 120 centres financiers à travers le monde sur la base d’un ensemble très large de facteurs quantitatifs et qualitatifs. L’édition la plus récente, la GFCI 39 publiée en mars 2026, classe en tête New York, Londres et Hong Kong, suivies de Singapour, San Francisco, Shanghai, Dubaï, Séoul, Shenzhen et Tokyo parmi les dix premiers centres financiers mondiaux.
L’indice combine des données issues de plus de 29 000 évaluations recueillies via questionnaire en ligne auprès de professionnels du secteur financier avec des indicateurs publiés par des institutions internationales telles que la Banque mondiale, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ou encore l’Economist Intelligence Unit. Ces données sont regroupées pour mesurer la compétitivité d’un centre financier à partir de critères tels que l’environnement des affaires, l’accès aux marchés, la qualité des infrastructures, le capital humain et la réputation du centre.

À l’échelle mondiale, New York et Londres occupent depuis plusieurs éditions les premières places, reflétant la profondeur de leurs marchés financiers, l’attractivité pour les investisseurs internationaux et la qualité de leurs écosystèmes financiers. D’autres métropoles américaines et asiatiques figurent régulièrement dans le top 20, attestant de la dispersion croissante du pouvoir financier au‑delà des traditionnels hubs européens.

Sur le continent africain, plusieurs villes figurent tout de même dans le classement du GFCI, attestant de leur dynamique financière régionale. Dubaï (Émirats arabes unis) et Abu Dhabi dominent souvent la région Moyen‑Orient et Afrique, suivies par des places émergentes comme Maurice ou
Casablanca Finance City, qui se classent respectivement autour des positions globales 50‑60 selon les éditions précédentes.

La non‑inclusion de la Tunisie dans le classement principal du GFCI, même aux niveaux les plus bas de l’échelle, illustre les difficultés persistantes du pays à développer une place financière intégrée et compétitive. Contrairement à certains de ses voisins régionaux, aucune ville tunisienne ne figure parmi les centres évalués parmi les 120 premiers. Cette absence peut être attribuée à plusieurs facteurs structurels, notamment la profondeur limitée du marché financier tunisien, la faible liquidité des instruments boursiers locaux, le manque d’un écosystème financier international attractif pour les capitaux étrangers et un environnement réglementaire encore perçu comme peu favorable aux investissements majeurs.

Les analystes financiers soulignent que pour qu’un centre financier figure dans le GFCI, il ne suffit pas d’exister : il faut démontrer une capacité à attirer des flux de capitaux internationaux, des institutions financières globales, des services bancaires sophistiqués et un environnement réglementaire stable et prévisible. Ces dimensions sont intégrées dans les critères d’évaluation du GFCI et expliquent en grande partie le classement des hubs mondiaux dominants.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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