Les consommateurs tunisiens continuent de faire face à une pénurie persistante de beurre, avec des rayons souvent vides dans les supermarchés et commerces de proximité. Cette situation, qui dure depuis plusieurs mois, traduit des problèmes structurels dans la filière laitière nationale, selon le vice-président de la Chambre nationale de l’industrie du lait et de ses dérivés.
La principale cause identifiée est la baisse de la production de lait frais, indispensable à la fabrication de beurre. La matière première étant limitée, la production de beurre ne parvient pas à couvrir la demande locale, provoquant un déséquilibre dans le marché. Par ailleurs, la teneur en matières grasses du lait a diminué, réduisant naturellement le rendement en beurre pour les producteurs.
Il est aussi important de souligner que le secteur laitier tunisien fait également face à des contraintes économiques importantes. Le prix du lait n’a pas été ajusté depuis novembre 2022, alors que le coût des aliments pour animaux et des intrants agricoles a fortement augmenté. Cette situation rend l’activité peu rentable, décourageant certains éleveurs et limitant leur capacité à produire davantage. La pénurie de beurre s’inscrit ainsi dans un contexte plus large de tensions sur les produits alimentaires de base, qui touchent également la farine et le sucre.
Selon les experts, la situation est aggravée par la demande saisonnière liée aux fêtes et aux périodes de consommation intensive. Les consommateurs signalent une hausse des prix et des ruptures répétées dans les rayons, alimentant les inquiétudes sur la stabilité de l’approvisionnement. Certains magasins ont été contraints de limiter la vente par client afin de rationner les stocks disponibles.
Pour remédier à cette crise, les acteurs de la filière réclament une révision du prix du lait afin de soutenir les producteurs et de stabiliser la production. Des mesures supplémentaires, telles que le renforcement de la production locale et la régulation des importations, sont également envisagées pour éviter que la pénurie ne s’aggrave.
La crise du beurre illustre de manière frappante les vulnérabilités du secteur agroalimentaire tunisien, où des déséquilibres dans la production peuvent rapidement se traduire par une pénurie de produits essentiels. La coordination entre le gouvernement et les professionnels du lait sera cruciale pour garantir un approvisionnement régulier et restaurer la confiance des consommateurs.
Avec la reprise de la production et l’ajustement des prix, les observateurs estiment que la situation pourrait se stabiliser dans les prochains mois, mais la soutenabilité à long terme de la filière dépendra de réformes structurelles pour rendre la production laitière viable économiquement.



