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Tunisie : Détails de l’augmentation des salaires 2026‑2028

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  • 29 mars 12:27
  • 4 min de lecture
Tunisie : Détails de l’augmentation des salaires 2026‑2028

Le gouvernement tunisien a annoncé, dans le cadre de la loi de finances pour l’année 2026, une augmentation des salaires sur trois ans (2026–2028), visant à atténuer les effets de l’inflation, améliorer le pouvoir d’achat et consolider l’équilibre social dans le pays. La mesure, qui concerne principalement les fonctionnaires, les retraités et les travailleurs du secteur privé, est accompagnée de plusieurs dispositifs pour soutenir l’emploi et régulariser les postes précaires.
Lors de sa rencontre lundi dernier avec la cheffe du gouvernement, la ministre des Finances, le ministre de l’Économie et de la Planification, ainsi que le ministre des Affaires sociales, le président de la République Kaïs Saïed a rappelé que cette décision s’inscrit dans l’engagement de l’État envers la dimension sociale. “La promesse est une promesse”, a-t-il souligné, en référence à la volonté de l’État de tenir ses engagements, malgré “l’héritage lourd résultant de choix passés”.
La mise en œuvre de ces augmentations a suscité un débat, certains critiquant l’absence de négociations préalables avec les partenaires sociaux. Cependant, le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, a rappelé que la loi du travail prévoit trois modes d’augmentation salariale : accord individuel, loi ou décret, ou accord collectif issu des négociations sociales. Selon lui, l’augmentation décidée est conforme aux procédures légales.

Secteur public vs secteur privé

Pour le secteur public, le plan concerne environ 687 000 fonctionnaires et plus de 800 000 retraités. La masse salariale du secteur public représente entre 13 et 14 % du PIB, soit plus de 20 milliards de dinars par an, contre 16,1 milliards de dinars en 2020.
Pour 2026, le gouvernement a prévu un budget de 25,267 milliards de dinars pour les salaires, contre 24,389 milliards en 2025, soit une augmentation de 3,6 %. Cette hausse intègre la création de 22 523 nouveaux postes et la régularisation de 51 878 emplois précaires, renforçant le soutien à l’emploi et à un travail digne.
La dernière augmentation avant celle de 2026 avait été appliquée de 2022 à 2025, avec des augmentations allant de 195 à 300 dinars selon les catégories, réparties sur trois versements.
Bien que le plan concerne également le secteur privé, les pourcentages et montants exacts ne sont pas encore fixés. L’augmentation dépendra des accords collectifs sectoriels, de la capacité financière des entreprises, et des décisions administratives futures. L’objectif est de soutenir le pouvoir d’achat tout en maintenant la stabilité économique.

Impact sur le pouvoir d’achat et l’économie

L’augmentation intervient dans un contexte d’inflation récente comprise entre 7 et 9 %, rendant la mesure urgente pour les ménages. Parallèlement, l’État continue de soutenir les produits de première nécessité, avec un coût annuel d’environ 4 milliards de dinars, et renforce le contrôle des prix.
Les experts estiment que ce programme pourrait stimuler la consommation interne, soutenir certains secteurs économiques clés et améliorer la confiance des citoyens dans les politiques publiques. L’intégration des travailleurs précaires est également vue comme une étape majeure pour améliorer la qualité de l’emploi et renforcer le travail digne.
Le gouvernement prévoit que les ressources fiscales mobilisées atteindront 45 à 50 milliards de dinars, soit une augmentation de 7,3 % par rapport aux résultats attendus pour 2025, avec un renforcement des mécanismes de recouvrement et de lutte contre l’évasion fiscale.
Malgré ces mesures, des défis importants subsistent. La croissance économique reste faible, estimée entre 2 et 3 %, ce qui pourrait limiter la capacité de certaines entreprises à absorber l’augmentation des salaires. Les observateurs soulignent la nécessité de réformes structurelles, notamment pour accroître la production et limiter l’inflation.
L’année 2026 marque également le lancement du plan de développement 2026–2030, visant à instaurer un nouveau modèle de développement, garantissant des conditions de vie dignes, l’équité sociale et le renforcement de la souveraineté nationale. Selon le président, “le succès de ce plan dépendra d’un équilibre entre justice sociale et stabilité économique”.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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