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Clusters et chaînes de valeur : Une opportunité de repositionnement

  • 30 mars 20:00
  • 5 min de lecture
Clusters et chaînes de valeur : Une opportunité de repositionnement

Dans le sillage d’un bouleversement géostratégique qui nourrit les incertitudes à l’échelle internationale, le monde des affaires, soumis lui aussi à de multiples défis, dont la transition écologique et digitale, œuvre à un repositionnement plus stable et plus rentable, porté par un cadre institutionnel et réglementaire déjà en place, certes, mais qui nécessite une mise à niveau à même de saisir les opportunités qui se présentent et le potentiel qui a déjà fait ses preuves.

La Presse — Les clusters, figure de regroupement entre concurrents, sont présentés, à l’occasion d’un séminaire régional maghrébin organisé le 25 mars à Tunis, comme un facteur de développement des activités et des exportations, aussi bien bénéfique aux entreprises maghrébines qu’au marché européen, selon une approche mettant en avant le facteur de proximité ainsi que les facilitations liées à la langue, la culture et les éléments partagées par les nations riveraines de la Méditerranée.

Le séminaire, initié par le Femise et l’ERF, a regroupé les acteurs publics et privés de la Tunisie, de l’Algérie et du Maroc, ainsi que des experts internationaux et des dirigeants de clusters, pour échanger les expériences et les perceptions en vue de dégager des pistes de déblocage permettant aux entreprises du Sud d’intégrer les chaînes de valeur européennes, intéressées elles-mêmes à réduire les incertitudes liées au contexte géopolitique.

D’emblée, la problématique dans sa dimension pragmatique a été étayée par Tarek Cherif, en sa qualité de président du réseau « Anima investment network », mais aussi en sa qualité d’industriel de longue date sur la place de Tunis. « L’industrie a besoin de compétitivité et de productivité, d’où les clusters », a-t-il noté, expliquant que si la productivité dépend exclusivement de l’industriel, la compétitive, elle, nécessite la conjugaison de facteurs extérieurs, dont l’existence d’un cadre d’échange et d’inspiration, la possibilité de découvrir de nouvelles idées, la possibilité de monter en gamme sur la base de recherches et de données fiables, dans le but de trouver une place dans un contexte de compétition mondiale. « L’industrie est une compétition mondiale où on doit avoir une place quelles que soient les conditions », a-t-il insisté, appelant au passage à offrir à l’industriel toutes les conditions lui permettant de réussir dans cette compétition mondiale…

De la compétition à la coopération

« Sans échange, il ne peut y avoir de cluster », selon Adel Ben Youssef, professeur de sciences économiques à l’université Côte d’Azur, France, qui a rappelé lors de son intervention la naissance du concept de clusters au cours des années 80 en Italie, avec le développement de districts industriels spécialisés, permettant de faire des économies d’échelle et de gagner en compétitivité.

Dans son analyse, il a expliqué l’importance des échanges dans des « espaces de vie » où se rencontraient des ingénieurs du même domaine, mais opérant dans des entreprises différentes et concurrentes. Cela favorise le passage d’une logique de compétition à une logique de coopération, mettant en avant l’importance des « chocs », pour opérer des transformations susceptibles de changer la donne, significativement.

Le contexte de bouleversement marquant actuellement les relations internationales pourrait constituer un terrain favorable aux entreprises pour opérer un bond, que ce soit dans leur développement ou dans leur repositionnement.

La transition écologique et la transition digitale, intimement liées et systématiquement incluses dans les projets de développement, constituent une « opportunité historique », pour monter en gamme et se repositionner durablement…

L’effort devrait être fourni par l’industriel, certes, mais aussi par les autorités compétentes dont relève le cadre institutionnel, tout comme les structures d’appui et les institutions de financement qui ne sont pas encore en phase, s’accorde-t-on à dire, avec les besoins des clusters.

Le marché européen

Le marché européen, actuellement confronté à des difficultés d’approvisionnement, notamment de produits énergétiques, à cause des guerres en Ukraine et en Iran, pourrait voir la situation empirer, du fait des incertitudes et de l’ampleur des conflits.

L’approvisionnement en produits énergétiques pourrait, en effet, dégénérer en coût supplémentaires de transport, d’assurances touchant d’autres produits, avec la possibilité de rupture, très prise au sérieux.

Les pays du Maghreb pourraient ainsi offrir une alternative de proximité, moins chère et plus sûre, à condition de monter en gamme et cadrer avec les standards déjà en place, mais dont certains entrepreneurs n’ont pas encore parvenu à emboîter le pas.

L’Union européenne offre déjà plusieurs mécanismes d’appui et de financement, comme l’a exprimé l’ambassadeur de l’UE à Tunis, Giuseppe Perrone, et continue d’être à l’écoute des besoins des partenaires du Maghreb qu’il a qualifié de fiables.

Le séminaire Maghreb sur les clusters et les chaines de valeur sera suivi d’une autre édition au niveau de la région Mashreq en mai prochain, avant la tenue plus tard en 2026 d’une rencontre plus élargie euro-méditerranéenne.

Auteur

Lassâad BEN AHMED

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