Adaptation et anticipation stratégiques
Même si le niveau de nos finances publiques est toujours fragile, l’économie tunisienne tient toujours bon, et notre chantier de redressement n’est aucunement compromis.
Cela pour dire que la conjoncture internationale, à la fois complexe et incertaine, n’aura pas d’impact profond sur le plan de développement socioéconomique national mis en place, et déjà en bonne marche.
Beaucoup de voix se sont élevées justement ces derniers temps pour parler de tsunami financier tunisien, de déstabilisation budgétaire et autres perspectives sombres. Et on se demande, réellement, sur quelle base ces voix ont fondé leurs appréciations.
Franchement, il est difficile de tenir compte de telles déclarations, surtout que les derniers indicateurs des instances spécialisées, aussi bien nationales qu’internationales, ne sont pas aussi préoccupants. Loin s’en faut !
Certes, tout impact négatif de la situation sécuritaire au Moyen-Orient est une conséquence tout à fait naturelle, et c’est valable pour toutes les économies, mais il ne pourrait pas être aussi profond pour pouvoir causer des hémorragies financières ou encore déstabiliser tout un plan économique.
N’oublions pas que notre pays a été contraint d’évoluer, depuis longue date, dans une conjoncture économique et financière complexe, ce qui lui a permis d’apprendre à gérer ses difficultés, à composer avec les stress financiers, à entreprendre les contre-mesures appropriées et à anticiper les éventuelles crises. Il s’agit, en quelque sorte, d’une culture d’apprentissage continu dans un contexte économique et financier tendu.
En parallèle, la Tunisie a réussi — conjoncture internationale oblige — à se doter, comme l’estiment certains observateurs, d’un réflexe d’anticipation stratégique qui lui a permis de continuer à avancer même si la conjoncture est totalement défavorable.
Les analystes vont encore plus loin pour affirmer que cette capacité d’adaptation et d’anticipation pourrait aider l’économie tunisienne, le cas échéant, non seulement à résister et à limiter les dégâts, mais aussi à tirer même parti de cette situation.
D’ailleurs, dans une récente réflexion, l’Institut arabe des chefs d’entreprise (Iace) estime que « l’incertitude économique pourrait constituer un levier de résilience, en déclenchant des dynamiques positives ». Pour appuyer sa réflexion, l’Institut retient l’exemple de Singapour qui, exposé à des risques profonds, à réussi, tout de même, à « bâtir une économie solide et dynamique, avec l’un des PIB par habitant les plus élevés au monde ». D’où « le paradoxe singapourien : une croissance exceptionnelle dans un contexte fragile ».
La note de l’Iace précise, en fait, que l’incertitude pousse souvent à l’adoption de comportements plus vigilants et plus solidaires. Et souvent, elle force « l’anticipation, l’ajustement et l’optimisation », pour transformer, ainsi, « l’instabilité en opportunité ».



