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Huile d’olive biologique : La bataille de la valeur commence

  • 31 mars 19:15
  • 5 min de lecture
Huile d’olive biologique : La bataille de la valeur commence

L’oléiculture, composante fondamentale du secteur agricole, est placée au centre d’enjeux économiques, sociaux et environnementaux en Tunisie. Pour la deuxième année consécutive, notre pays occupe la première place mondiale pour la production d’olives biologiques, confirmant la progression qualitative du secteur de l’agriculture biologique et son intégration dans les chaînes de valeur internationales des produits agricoles de qualité.

La Presse — Derrière chaque olive et chaque huile se trouvent des familles, des moulins et une filière qui cherche un équilibre entre tradition et exigences du marché international.

Pour comprendre cette dynamique, il faut relier la culture de l’olive, la qualité de l’huile et les attentes du client moderne. Les producteurs s’efforcent d’atteindre un standard élevé de qualité.

Cette quête de qualité concerne aussi bien l’huile d’olive destinée aux plats familiaux que les huiles olive premium destinées à l’export. Elle implique une meilleure écoute du client, une transparence sur la provenance Tunisie et une adaptation aux normes du Conseil oléicole international.

Production record

La Tunisie s’est imposée comme le premier exportateur mondial d’huile d’olive biologique, consolidant sa position sur les marchés internationaux grâce à une production de qualité exceptionnelle.

Selon les données officielles, la production d’huile d’olive biologique pour la saison 2024-2025 a atteint un record de 360.000 tonnes, dont 40.000 tonnes destinées exclusivement au marché biologique. Ce succès reflète les efforts déployés par le pays pour promouvoir une agriculture durable et compétitive.

La Tunisie confirme son leadership mondial dans la production d’olives biologiques, avec environ 144.000 hectares, dans un contexte de forte croissance de l’agriculture biologique qui couvre près de 235.000 hectares.

Ce développement repose sur des conditions favorables, une expertise solide et un système de certification conforme aux normes internationales, impliquant plus de 6.000 acteurs.

Les exportations de produits biologiques tunisiens ont atteint environ 750 millions de dinars en 2025, soutenues principalement par la forte demande d’huile d’olive biologique sur les marchés européens et américains.

Concernant les exportations d’huile d’olive biologique, au cours des trois premiers mois de la campagne 2025-2026, le volume des exportations a atteint 12,6 mille tonnes d’une valeur d’environ 170,8 MD.

Néanmoins, la part de l’huile d’olive biologique conditionnée n’a pas dépassé les 7,9 % du total du volume de l’huile d’olive biologique exporté.

Le 1er pays importateur de l’huile d’olive biologique tunisienne est l’Italie avec une part de 42 % des quantités exportées durant les trois premiers mois de la campagne 2025-2026, suivi de l’Espagne (22 %), la France (16 %) et les USA (12 %).

En somme, les exportations tunisiennes d’huile d’olive biologique couvrent plus de 60 pays, avec des destinations clés comme l’Europe et l’Amérique du Nord.

Mieux capitaliser sur le label Tunisie

La Tunisie, avec son engagement envers l’agriculture biologique et ses performances, continue de renforcer son rôle de leader mondial dans le secteur de l’huile d’olive. Ce succès est non seulement une source de fierté nationale, mais aussi un modèle inspirant pour les autres pays producteurs.

Dans une intervention radiophonique, l’expert en politiques agricoles, Faouzi Zayani, souligne que « ces performances imposent désormais un défi de taille, celui de passer de la culture à la valorisation commerciale pour mieux capitaliser sur le label Tunisie à l’international ».

Notre pays occupe une place importante sur l’échiquier mondial en matière de production et d’exportation de l’huile d’olive biologique avec 144 mille hectares sur deux millions d’hectares cultivés d’oliviers, cela représente 7,5 % de superficie, « Ce n’est pas assez pour maintenir la première place mondiale de production et d’exportation.

Nous avons du vrai potentiel si nous adoptons une politique courageuse de conversion et conventionnelle vers le biologique, mais le défi majeur reste comment transformer ces chiffres et ce positionnement à l’avantage du pays et des producteurs, c’est-à-dire en haute valeur ajoutée ».

Pour cela, l’expert insiste sur l’exportation davantage en conditionné vers des destinations non traditionnelles et des pays demandeurs de produits biologiques, où il y a une forte demande internationale de ces produits et des produits dont la traçabilité respecte l’environnement.

Il faudrait focaliser aussi sur la valorisation de la production de l’huile d’olive qu’elle soit bio ou non, sous des labels tunisiens, « Là, il faut travailler sur la mise en place d’une stratégie d’appellation.

Le secteur bio doit être un levier de souveraineté alimentaire et une juste rémunération pour les producteurs vu les retombées importantes de devises qu’il peut générer ».

Auteur

Najoua Hizaoui

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