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Propreté des villes et DES quartiers : Une question qui pose toujours problème

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  • 31 mars 18:30
  • 5 min de lecture
Propreté des villes et DES quartiers : Une question qui pose toujours problème

On ne reconnaît plus nos villes et quartiers, devenus, aujourd’hui, des dépotoirs à ciel ouvert, croupissant sous le poids de différents types de pollution environnementale, dont celle du plastique étant des plus problématiques.

Au point qu’on a oublié que la propreté de nos cités relève des tâches élémentaires de la municipalité. 

La Presse —Et combien de fois l’on pointe du doigt la prolifération des déchets ménagers et assimilés et met en cause l’action communale. Mais, en vain, nos communes sont aux abonnés absents ! Leur négligence face à ce qu’on attend d’elles dépasse tout entendement.

Soit, la manière avec laquelle elles traitent un tel sujet aussi conséquent prête à rire, invoquant toujours de fausses raisons : tout manquement au règlement en vigueur ou mauvaise gestion des affaires locales sont souvent justifiés par un PAI (Plan annuel d’investissement) trop limité ou un budget communal très nettement insuffisant. Ce qui n’est toujours pas évident !

Des actions en trompe- l’œil !

En réalité, ces municipalités ont failli à leur devoir, n’ayant pas accompli leur mission pour laquelle elles ont été créées. Vitrine de la cité et levier du développement local, elles ne le sont plus ainsi. Jamais nos communes n’ont accordé de priorité à la propreté et encore moins à l’esthétique urbaine. Sauf qu’elles procèdent, à titre occasionnel, à des campagnes ponctuelles dictées par des faits conjoncturels ou des évènements festifs d’envergure nationale.

En fait, faut-il le rappeler, «Clean-up month », «Clean-up year», «Mois de la propreté», et bien d’autres manifestations limitées dans le temps et dans l’espace n’étaient que de la poudre aux yeux. D’ailleurs, ces actions en trompe- l’œil, pouvant être comptées sur les doigts de la main, avaient requis autant des financements, sans rien apporter de concret. Peu de temps après, on revient à la case départ, comme si de rien n’était !

Pas plus tard que le week-end dernier, de nouvelles campagnes de propreté et des coups de balai ont repris de plus belle, en réaction éphémère à un état de pollution intenable. Ce fut, tout juste, un sursaut collectif engagé suite à l’entretien qu’avait eu, vendredi dernier, à Carthage, le Président Kaïs Saïed avec le ministre de l’Intérieur, Khaled Nouri. Et encore une fois, on se voit verser dans des choix arbitraires et fantaisistes.

La propreté n’est guère une affaire provisoire ou un acte évènementiel, elle est plutôt une culture éco-citoyenne, bien ancrée dans les esprits et les comportements, devant se traduire dans les faits. En d’autres termes, elle fait partie des attributions de la municipalité et figure constamment dans son ordre du jour.

Plus de 3 millions de tonnes de déchets par an

Cela ne peut, en aucun cas, exclure la responsabilité du citoyen dont le rôle est capital dans la protection de l’environnement immédiat. Nul n’est censé ignorer ses droits et ses obligations envers la vie communautaire. Le vivre-ensemble est, par la force des choses, le partage des valeurs et des normes sociétales, dans le respect de l’ordre public. Et par ricochet, l’environnement sain et propre doit être la règle et pas l’exception, auquel quiconque porte préjudice est poursuivi en justice. Chacun assume sa responsabilité.

Somme toute, la propreté est aussi un droit civique que la municipalité est appelée à respecter, sans tergiverser. Et le récent entretien du Chef de l’Etat avec le ministre de l’Intérieur s’inscrit dans l’obligation de faire de cette question une priorité communale. Dans un communiqué de la présidence, Saïed a «rejeté les arguments invoquant un manque de matériel pour justifier l’arrêt des opérations de collecte de déchets, s’interrogeant sur la disponibilité de ces équipements au lancement des campagnes de propreté puis sur leur «disparition» magique.

D’un autre côté, le ministre de l’Environnement, Habib Abid, a, récemment, révélé, devant l’ARP, l‘ampleur du phénomène des déchets et les défis grandissants liés à leur traitement. Le constat semble alarmant, tant il est vrai que l’on produit, annuellement, plus de 3 millions de tonnes d’ordures ménagères, soit presque 10 mille tonnes par jour, collectés par les municipalités et transférés  vers les 17 décharges contrôlées que compte le pays.

Ce qui met à rude épreuve nos capacités de gestion. Alors qu’on aurait dû opter pour leur valorisation, surtout que ces énormes quantités de déchets peuvent être exploitées, recyclées et transformées en énergie.

Plus encore, la valorisation des déchets demeure un besoin vital pour vivre mieux et gagner plus d’argent, d’autant plus qu’elle génère des emplois verts et consacre les principes de l’économie circulaire.

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Auteur

Kamel FERCHICHI

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