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Sport

Hand – en marge du dernier derby EST-CA : De quoi sonner l’alerte !

  • 1 avril 18:15
  • 5 min de lecture
Hand – en marge du dernier derby EST-CA : De quoi sonner l’alerte !

La Presse — Les rencontres opposant l’Espérance Sportive de Tunis et le Club Africain et celles qui mettent en présence ces deux formations face à l’Etoile Sportive du Sahel  sont en général des classiques que l’on attend pour l’ambiance et le spectacle. Bien entendu, il ne s’agit nullement de dévaloriser les autres équipes qui participent à cette phase finale, mais, c’est le comportement des joueurs et la façon d’évoluer de ces formations qui constituent l’élite de notre handball qui nous intéressent le plus.Ce derby a été terne, sans ces moments dont on aimerait se souvenir et qui contribuent à écrire l’histoire de cette discipline sportive qui a connu des jours meilleurs.

La raison ? Tout simplement parce que ce sport est devenu très exigeant et, sans outrance aucune, il pourrait figurer en tête des sports collectifs au niveau de la préparation physique des joueurs.C’est ce qui explique ce rythme endiablé, ces contre-attaques éclairs, ces tirs aussi variés que violents, ces carrures d’athlètes accomplis, cette finesse dans la manipulation du ballon et bien d’autres choses encore dans les matches de haut niveau en hand.

Les joueurs en défense ne laissent presque plus rien passer. Une équipe, qui ne possède pas de joueurs disposant d’une large variété de tirs et d’un jeu à base de pénétrations, de mise en position à base de passes latérales servies dans le dos des défenseurs, n’a aucune chance de réussir face à ces monstres qui donnent l’impression d’être infatigables. Tout cela exige des qualités auxquelles avait fait allusion le nouveau sélectionneur Thierry Anti dernièrement recruté : des jambes solides pour soutenir ce rythme endiablé, une fraîcheur d’esprit incontournable et surtout une lecture du jeu qui anticipe ou prépare le comportement collectif de l’équipe.

 Faire la part des choses

Ce derby  n’avait rien de tout cela. La plupart des joueurs nous ont semblé assez bien enveloppés, lents au repli, hésitants en contre- attaque, à court de moyens pour prendre à défaut des défenses assez statiques. Et puis ces pertes de balles et ces ballons offerts à l’adversaire ou envoyées dans les nuages, choquent à ce niveau. Bien entendu, des gestes techniques spectaculaires, on en a vu de temps à autre. Des arrêts sensationnels également, des passes sournoises également, mais tout cela ne fait pas une équipe de haute compétition. Bien sûr, les équipes en présence auraient pu faire mieux si une poignée d’éléments opérant à l’étranger étaient là, mais il nous semble qu’il faudrait faire la part des choses. Nous avons encore beaucoup de travail à entreprendre  pour revenir au premier plan.

Cela commence par les moyens à mettre à la disposition des jeunes pour les convaincre qu’ils pourraient faire carrière dans le pays sans avoir à rejoindre des formations étrangères, où ils végètent, sans espoir de progresser.

Toutes ces insuffisances, c’est aux clubs de les résorber au prix d’un travail beaucoup plus approprié, pour ne pas dire plus sérieux. Les clubs, c’est la base d’une sélection. Ils sont appelés à fournir des éléments prêts à tous les points de vue. On s’entraîne pour  progresser et non pour préparer la rencontre de la semaine. De toutes les manières, considérant le niveau général, mettre en place un plan d’action en tenant compte de ce seul objectif ne mènera à rien.

La fédération est partie prenante du devenir du handball national. Un effort particulier devrait être accordé aux jeunes, pour lesquels le recrutement devrait se faire à partir de données morphologiques et techniques. On ne recrute pas pour former une équipe, mais on prospecte, non pas seulement sur un terrain de sport, mais aussi dans les bus, le métro, dans les écoles, dans les quelques terrains vagues qui restent. On doit savoir intéresser les jeunes et les attirer vers la pratique du sport.

Il y a des jeunes dont la taille dépasse la normale pour leur âge et qui se plaisent à griller une cigarette au coin d’une rue.  De vue, ils auraient fait  de bons basketteurs, volleyeurs ou handballeurs. Mais personne ne s’en inquiète, alors qu’il y a des éléments qui répondent largement au profil de ces sports collectifs où la taille compte énormément. L’exemple de Salah Mejri qui n’a jamais pensé devenir une vedette NBA et qui l’est devenu.

C’est la passion qui manque le plus

Le cas de Bellil, devenu le meilleur buteur de son époque grâce à une force de tir incroyable. Ou encore la dextérité de feu Hachemi Razgallah qui a commencé sa brillante carrière comme gardien de but de football  au Club Africain   avant de se tourner vers le handball. C’est l’entraîneur du  Club Sportif des Cheminots, feu Mahmoud Kouki, qui repéra  son aisance à manipuler le ballon. Il  l’attira vers le handball.  Il devint professionnel en   Allemagne, avec l’Olympia Köln et Rheinhausen avant de rejoindre    l’Espérance Sportive de Tunis  où il  intégra  une équipe historique composée de nombreuses stars.  

Dans ces clubs, on a besoin de formateurs et non d’entraîneurs. On a besoin de dirigeants passionnés et non d’administrateurs pour lesquels on demande des titres et des podiums sans consentir les efforts financiers conséquents On n’attend pas les futurs joueurs, on va les chercher. La Fthb doit bouger, surtout que nous avons appris qu’un accord avec la Fédération des sports scolaires et universitaire conclu avant le changement qui a eu lieu  est resté lettre morte

Auteur

Kamel GHATTAS

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