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Sport

Point de vue : La fameuse fin de saison

  • 1 avril 20:24
  • 3 min de lecture
Point de vue : La fameuse fin de saison

La Presse— Tel un grand tour en cyclisme, le vainqueur final est celui qui a la meilleure performance en fin du parcours. Un coureur peut être leader pour une semaine, voire deux, voire plus, mais, en fin de compte, le lauréat, c’est celui qui, dans une étape délicate (généralement en montagne), finit par s’imposer et montrer qu’il est le meilleur.

Ce qui compte, ce sont les dernières étapes difficiles où la sélection se fait. Pas seulement en cyclisme, toutes les autres disciplines fonctionnent ainsi : le play-off, le super play-off, les dernières journées, peu importe l’appellation, le meilleur est celui qui gère le mieux le finish. Mars  et surtout avril et mai sont les mois de consécration.

Avant cela, on ne peut pas se prévaloir d’être champion même quand on est leader. On ne gagne pas un titre avant ces mois, mais on peut le perdre si l’on est distancé. Par la suite, ce sont les clubs qui ont le souffle le plus long, qui ont le savoir-terminer une saison, le cumul des titres, les joueurs brillants et à fort caractère en avril et mai surtout, qui obtiennent gain de cause. Les clubs titrés sont toujours ceux qui prévoient la fin de saison, en ramenant les joueurs qui n’ont pas peur des matches à enjeu dans la fin, les entraîneurs qui dosent leur préparation et gèrent leurs effectifs en fonction des mois d’avril et de mai.

Généralement, ces clubs se transforment en avril et mai en mettant la vitesse V et en enchaînant les victoires contre leurs concurrents fébriles qui paniquent et s’effondrent en avril et mai, car leurs joueurs n’ont pas été préparés pour le finish, et succombent au premier test. Avant cela, certains clubs crient victoire trop tôt.

Les débuts de saison, les mois d’octobre, novembre et décembre, ils sont au top de la forme, ils gagnent, ils mènent parfois au classement. Et à mesure que l’on avance vers mars, et surtout avril et mai, ils perdent de leur verve, ils payent cash les erreurs commises, ils vivent des fins de saison difficiles avec des salaires impayés, des problèmes qui ressurgissent tout d’un coup et une ambiance délétère. C’est cela la différence entre un club champion et les autres : le champion a l’art de gérer les derniers mois d’une saison et de terrasser des adversaires qui vivent alors les crises de fin de saison.

Explication simple : la différence se fait notamment au niveau des dirigeants qui assument le cadre dans lequel les acteurs, joueurs et entraîneurs évoluent en fin de saison. Les grands joueurs et les grands entraîneurs sont ceux qui réussissent en avril et mai, aidés par de grands et astucieux dirigeants qui savent comment gérer les coulisses des compétitions en ces moments et comment ils trouvent des fonds pour payer les salaires et les primes et ainsi motiver leurs joueurs.  Les exemples sont nombreux dans tous les sports. Pas n’importe qui peut briller en avril et mai. Ce sont les meilleurs qui le font, ce sont les « ratés » qui ne peuvent pas le faire et qui trouvent toujours des alibis à leurs échecs.

Auteur

Rafik EL HERGUEM

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