L’événement rendra également hommage à Michel Khleifi, considéré comme le « poète du réel », dont les films célèbrent la vie quotidienne sous occupation tout en exaltant la résistance, la mémoire et la dignité palestiniennes.
Une sélection de ses œuvres majeures sera présentée, notamment « Noces en Galilée », « La Mémoire fertile » et « Zindeeq ».
La Presse — « Le cinéma palestinien a atteint une maturité et une diversité exceptionnelles, s’imposant comme l’une des expressions cinématographiques les plus abouties, tant sur la scène arabe qu’internationale. Phénomène singulier, il continue de rayonner malgré le manque de moyens, l’absence de soutien étatique et l’absence de structures spécialisées, se maintenant comme une production à la fois puissante, fertile et vibrante. Notre attachement au cinéma palestinien ne se limite pas à la solidarité avec un peuple opprimé ou au soutien d’une cause juste. Il s’inscrit avant tout dans un engagement en faveur d’un mouvement de libération nationale et humaine, contre le colonialisme, l’apartheid, la dépendance et l’ignorance.
Ce cinéma se distingue par sa fidélité à son peuple, proposant des formes esthétiques témoignant de la richesse de l’héritage culturel palestinien et de sa contribution contemporaine à l’évolution du cinéma mondial ». C’est par ces mots-manifeste que le bureau de l’Association tunisienne de défense des droits des Palestiniens (Atddp) lance la première édition du Festival du cinéma palestinien en Tunisie.
Ce rendez-vous annuel mettra à l’honneur le cinéma palestinien dans toute sa diversité, du court au long métrage, de l’expérimental au documentaire, célébrant les créateurs et producteurs palestiniens, tant en Palestine que dans la diaspora. Cette édition fondatrice se déroulera du 2 au 12 avril 2026 au Théatre- cinéma Le Rio à Tunis. Elle sera dédiée à la mémoire de Maître Ismaïl Al-Junaidi, avocat palestinien originaire d’Hébron (Al-Khalil), disparu il y a un an, et qui avait fait de la Tunisie sa seconde patrie, offrant des décennies d’engagement pour le droit, la justice et la cause palestinienne. Il est à noter que l’Association tunisienne de défense des droits des Palestiniens a été fondée pour renforcer le mouvement international de boycott académique et culturel né à Ramallah.
Depuis 2025, l’association concentre ses efforts sur la valorisation de la créativité et de la culture palestiniennes. Michel Khleifi est l’invité d’honneur de cette édition. Considéré comme le « poète du réel », dont les films célèbrent la vie quotidienne sous occupation, tout en exaltant la résistance, la mémoire et la dignité palestiniennes. Le festival lui rendra hommage à travers une sélection de ses œuvres majeures, notamment « Noces en Galilée », « La Mémoire fertile » et « Cantique des pierres ». À son sujet, Ikbel Zalila, qui s’occupe de la direction artistique du festival, écrit :
« Dans le cinéma de Michel Khleifi, la Palestine n’est pas seulement une terre marquée par l’histoire et les blessures ; elle est un souffle vivant. Une présence fragile et tenace qui persiste dans les détails du quotidien, dans le vent qui traverse les collines, dans les visages qui espèrent et se souviennent ». Le festival sera inauguré par une performance de l’artiste tunisienne Mariem Labidi, dont la voix « porte l’âme de la terre et l’espoir de la libération », ouvrant ainsi dix jours de créativité cinématographique sous le signe de la résistance.
Pour cette édition,19 longs métrages de fiction et documentaires, anciens et récents, ont été sélectionnés, parmi lesquels : « Leila et les Loups » de Heiny Srour, fresque féministe sur la participation des femmes à la résistance libanaise et palestinienne ; « Songe » de Rachid Masharawi, quête entre réalité et imaginaire ; « Palestine 36 » d’Annemarie Jacir, exploration d’une année charnière de la révolte palestinienne ; « A Fidai Film » de Kamal Aljafari (une réappropriation d’archives visuelles pillées en 1982) ; « Gazan Tales » de Mahmoud Nabil Ahmed qui met en images des récits intimes sur la dignité quotidienne à Gaza. À ce programme s’ajoutent 11 courts métrages et films d’archives, ainsi que des événements parallèles :
Une exposition artisanale de BRIBRI et Cha۳bia (symboles amazighs et africains), dont les ventes bénéficieront au festival et une installation artistique du Palestinien Hakim Miskawee, qui sera inaugurée le 4 avril à 17h00 et où matière et mémoire se rencontrent pour raconter la résilience de la terre et une Table ronde (le 5 avril), réunissant le cinéaste Michel Khleifi et le jeune réalisateur Mahmoud Nabil Ahmed pour débattre de l’évolution du langage cinématographique palestinien. Cette première édition du Festival du Cinéma Palestinien en Tunisie annonce son ambition de faire rayonner un cinéma enraciné dans l’histoire et la culture palestiniennes, tout en portant un message universel de résistance, de mémoire et d’humanité.




