Retour des terroristes tunisiens de l’étranger : la position ferme de la Tunisie
L’expert en sécurité Ali Zermdini a affirmé ce mercredi que l’État tunisien (et ce depuis le gouvernement de Habib Essid) a adopté une position stricte refusant le retour des éléments terroristes détenus dans les prisons à l’étranger. La Tunisie insiste sur le principe de les juger sur les lieux où les crimes ont été commis, conformément au principe général du droit, une approche actuellement partagée par de nombreux pays occidentaux.
L’évolution de la menace après 2019
Lors d’une intervention téléphonique dans l’émission Sabah El Ward sur Jawhara FM, Zermdini a précisé que le paysage actuel des groupes terroristes, et plus particulièrement de l’organisation Daech, connaît des transformations stratégiques majeures suite à la défaite géographique subie en Syrie et en Irak en 2019.
Il a expliqué que les restes de ces groupes se divisent aujourd’hui en deux catégories, à savoir
ceux en détention, Particulièrement après le transfert d’un grand nombre d’entre eux de la Syrie vers l’Irak et ceux toujours actifs : Notamment dans la région de la Badiya syrienne.
Une baisse des effectifs tunisiens à l’étranger
Zermdini a révélé que le nombre de terroristes tunisiens à l’étranger a connu une baisse significative par rapport à la période de pointe, où leur nombre avoisinait les 4 500 éléments. Cette diminution s’explique par l’élimination d’un grand nombre d’entre eux lors d’opérations suicides ainsi que par l’incarcération d’une autre partie d’entre eux.
Nouvelles directives et zones de repli
L’expert a souligné que les instructions de la haute direction de Daech imposent désormais le retour vers les pays d’origine ou le déplacement vers de nouvelles zones de conflit marquées par une fragilité sécuritaire. L’accent est mis principalement sur le Sahel et l’Afrique de l’Ouest, l’Asie centrale ainsi que le Maghreb arabe, avec des tentatives constantes de réactiver des cellules dormantes.
Vigilance accrue aux frontières
Ali Zermdini a averti que ces éléments tentent de s’infiltrer sur le territoire tunisien via les pistes sahariennes et les frontières non officielles. Ces manœuvres visent à exécuter des ordres organisationnels tendant à regrouper les forces et à soutenir les derniers retranchements terroristes dans les montagnes.
Il a insisté sur la nécessité de déployer tous les moyens possibles pour contrer ces individus qui, sur ordre de leur hiérarchie, chercheront par tous les moyens à pénétrer en Tunisie.



