Steg – Réseau «Smart Grid» : Une transformation multidimensionnelle en marche
Pas moins de 85 mille compteurs intelligents sont déjà installés sur le réseau de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg), un nombre qui sera porté à 450 mille d’ici à la fin de l’année 2026, en plus de 100000 compteurs pour le gaz naturel.
La Presse — L’information a été communiquée hier, à l’occasion d’une journée d’information sur l’état d’avancement du projet «Smart Grid», lancé depuis 2018 par la Steg, moyennant un crédit de 120 millions d’euros (400 MDT) et un don de 2,5 millions d’euros, en coopération avec ses partenaires SIA, Efluid, Siemens et Sagemcom-Siame.
Le projet, qui ambitionne d’assurer une couverture totale du réseau électrique tunisien (environ 5 millions d’abonnés) d’ici à 2035 (2026 pour les gros consommateurs), consiste à remplacer «sans frais» les compteurs actuels avec des compteurs dits «intelligents», c’est-à-dire connectés et équipés d’un logiciel permettant de mesurer la consommation et de la consulter en temps réel, dans les deux sens, mais également d’assurer un suivi minutieux et transparent des flux d’énergie, soit un moyen plus efficace pour gérer les interventions, détecter les anomalies et surtout établir la facture.
Le nouveau compteur, de fabrication tunisienne, est déjà en place dans plusieurs régions du pays (Sfax, Sousse, Le Kram, etc.), aussi bien sur le réseau de basse tension que celui de tension moyenne.
Un compteur à remplacer ?
Mais il ne s’agit pas uniquement d’un compteur à remplacer. La nouvelle grille comprend tout un système complexe de communication, relié à des bases de données ainsi qu’aux infrastructures de production et de transport d’électricité. Le logiciel, embarqué sur le compteur, tient compte de tous les paramètres relatifs aux réglementations et à la tarification en vigueur, soit un vrai cerveau en miniature accessible à tout moment.
Selon Ouael Chouchène, secrétaire d’Etat chargé de la Transition énergétique, «le Smart Grid n’est pas simplement un projet de compteurs intelligents. Il constitue l’infrastructure invisible qui permettra à la Tunisie de réussir sa transition énergétique».
Le projet intervient, en effet, parallèlement à la transition énergétique, avec une forte composante renouvelable et propre, ainsi qu’avec une transition digitale qui touche tous les secteurs.
«Face à la montée en puissance des énergies renouvelables, à l’évolution des modes de consommation, au développement de l’autoproduction et à l’exigence croissante de qualité de service, la modernisation du réseau devient une condition indispensable de notre souveraineté énergétique», a déclaré le secrétaire d’Etat.
«Il ne peut y avoir d’intégration massive des énergies renouvelables sans un réseau plus intelligent, plus flexible et plus réactif», a-t-il affirmé, précisant que le projet «Smart Grid» se positionne «au croisement de la transformation digitale, de la performance publique et de la transition énergétique», dans la mesure où cela influera également sur les méthodes d’intervention des agents et des techniciens de la Steg.
Il «permettra d’améliorer la transparence, la qualité de la facturation, la rapidité de traitement des incidents, ainsi que la maîtrise de la consommation grâce à des outils digitaux plus accessibles», a étayé le secrétaire d’Etat.
Un projet «modèle»
Le projet, qui constitue un «modèle» selon le directeur général de l’AFD, Christophe Cottet, avait été initié en 2018 dans sa dimension de cadrage stratégique, avant qu’une première convention ne soit signée avec le bailleur français en 2019.
C. Cottet a affirmé dans une déclaration aux médias que le crédit de 120 millions d’euros applique «un taux très réduit» sur «une durée très longue », avec un accompagnement et une assistance technique, mettant l’accent sur l’importance de la « construction des compteurs en Tunisie pour l’industrialisation du pays».
En 2022, les partenaires de la Steg Siemens et Sagemcom sont entrés en ligne, pour baliser le terrain au remplacement des compteurs ordinaires par un nouveau matériel connecté et intelligent.
Cette première étape prendra fin en 2026, avec le lancement d’une large campagne de communication de la part de la Steg.
Une deuxième étape est ensuite prévue pour remplacer les compteurs d’environ 5 millions d’abonnés d’ici à 2035, moyennant de nouvelles lignes de financement.



