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Tozeur : une ville romaine entière découverte sous les sables de Koustiliya

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  • 1 avril 18:33
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Tozeur : une ville romaine entière découverte sous les sables de Koustiliya

Les fouilles en cours sur le site archéologique romain de Koustiliya, dans la délégation de Degache (gouvernorat de Tozeur), révèlent l’existence d’une ville entière ensevelie sous les sables, selon Mourad Chetoui, représentant de l’Institut national du patrimoine (INP) dans la région.

La mise au jour de bâtiments adjacents à l’église, notamment des murs situés au nord-est, confirme l’existence d’un tissu urbain étendu, encore largement enfoui et nécessitant des investigations approfondies, a fait savoir l’archéologue dans une déclaration au correspondant de TAP à Tozeur.

Menées du 16 mars au 4 avril, ces recherches s’inscrivent dans un partenariat entre l’INP et l’Université de Rome Tor Vergata, dans le cadre d’un programme triennal (2026-2028) prolongeant les travaux engagés depuis 2017, qui avaient déjà permis d’identifier une église datant du milieu du IVe siècle après J.-C., ainsi que plusieurs vestiges, dont des céramiques.

Les investigations se concentrent actuellement sur un grand monument rectangulaire, adjacent à l’église et composé de plusieurs chambres organisées autour d’un patio central. Les premières analyses mettent en évidence des phases d’occupation s’étendant du Ve au VIIe siècle, témoignant d’une occupation continue du site durant l’Antiquité tardive.

Selon le représentant de l’INP, l’organisation de cet ensemble pourrait renvoyer à une activité artisanale, notamment liée à la production de plâtre, au vu des traces de combustion relevées dans certaines pièces. D’autres bâtiments ont également été identifiés au nord du site.

En parallèle, plusieurs axes de recherche sont conduit dont l’analyse des matériaux de construction, – pierre, mortier et terre crue (pisé)-, afin de caractériser les techniques utilisées.

L’étude du bâti fait l’objet d’une documentation systématique, appuyée par des relevés au scanner laser 3D de l’église, parmi les monuments les mieux conservées du site.

Le mobilier archéologique, notamment céramique, est analysé par des spécialistes afin d’affiner la datation des niveaux et d’établir une typochronologie d’un faciès encore peu documenté.

Les recherches intègrent également une approche environnementale, à travers l’étude des restes botaniques et organiques, ainsi que des cendres et matériaux brûlés. Selon Chetoui, cette démarche — encore peu développée pour les sites romains du sud du Maghreb — vise à reconstituer les modes de consommation et le cadre de vie des populations.

Au-delà de la fouille, le projet ambitionne une valorisation durable du site, fondée sur une démarche participative associant acteurs locaux, chercheurs et institutions, en vue de définir une vision concertée pour sa gestion et sa mise en valeur.

Selon le représentant de l’INP, ces travaux devraient permettre d’affiner la compréhension des dynamiques économiques et des modes de vie au sein de cette ville antique longtemps restée enfouie.

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Auteur

La Presse

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