Indice de perception de la corruption : la Tunisie rétrograde dans le classement mondial
La Tunisie continue d’occuper une position intermédiaire dans l’Indice de perception de la corruption (IPC), la référence mondiale annuelle établie par l’ONG Transparency International, qui évalue les pays en fonction de la perception de la corruption dans le secteur public sur une échelle de 0 à 100 (0 = très corrompu ; 100 = très propre).
Un recul sensible depuis 2021
En 2021, la Tunisie obtenait un score de 44 points et se classait 70ᵉ pays sur 180, affichant alors l’un de ses meilleurs résultats récents en la matière.
Cependant, dès 2022, l’évolution s’est inversée : le score chute à 40 points, accompagné d’un recul au 85ᵉ rang mondial selon le rapport publié pour cette année‑là.
L’année suivante, en 2023, la Tunisie conserve ce score autour de 40/100, mais perd encore quelques places, terminant 87ᵉ, loin des performances enregistrées au début de la décennie.
Stagnation autour de 39‑40 points
Selon les données les plus récentes disponibles pour 2024 et 2025, la Tunisie maintient un score presque stable mais bas, autour de 39 points, ce qui se traduit par un classement proche de la 91ᵉ position mondiale en 2025.
Ce score place le pays sous la moyenne mondiale — qui gravite autour de 43 points — et témoigne d’un niveau de perception de corruption encore considéré comme élevé, avec peu d’amélioration en dépit des appels nationaux et internationaux à un renforcement de la transparence et de la gouvernance.
Pourquoi ce faible score ?
L’IPC ne mesure pas la corruption réelle de façon directe, mais la perception de la corruption dans le secteur public, fondée sur des enquêtes d’experts, d’entreprises et d’organisations internationales. Une faible note peut refléter
des difficultés persistantes dans la mise en œuvre de mécanismes efficaces de transparence et de reddition des comptes des impressions négatives sur l’intégrité des institutions publiques et des obstacles à la lutte contre la corruption dans des domaines clés comme les marchés publics, le financement politique ou la justice.
Pour les observateurs et organisations de la société civile, ces résultats sont souvent associés à des défis structurels de gouvernance, à une application insuffisante des lois anticorruption et à une défiance générale envers les institutions étatiques.
Une référence mondiale qui fait sens mais pas consensus
L’Indice de perception de la corruption, publié chaque année depuis 1995, reste une référence largement utilisée par les décideurs, les investisseurs et les médias pour situer les pays dans la lutte contre la corruption.
Toutefois, certains critiques soulignent que l’indice reflète davantage les perceptions externes que des mesures factuelles directes de corruption, ce qui peut parfois biaiser les comparaisons internationales.
L’évolution de l’IPC pour la Tunisie entre 2021 et 2025 met en lumière l’importance cruciale de renforcer la transparence, la responsabilité et l’État de droit si le pays souhaite améliorer son image et ses performances dans les années à venir.
Une amélioration durable de la perception passe par des réformes institutionnelles profondes, des mécanismes anticorruption renforcés et une implication accrue de la société civile, autant de facteurs indispensables pour regagner la confiance tant au niveau national qu’international.



