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Entretien avec – Aymen Jellili, directeur du FIFEJ de Sousse : « Mon ambition est de redonner espoir aux jeunes »

  • 5 avril 19:15
  • 7 min de lecture
Entretien avec – Aymen Jellili, directeur du FIFEJ de Sousse : « Mon ambition est de redonner espoir aux jeunes »

Pour la deuxième année consécutive, Aymen Jellili assure la direction du Festival international du film de l’enfance et de la jeunesse (Fifej), dont la 15e édition se déroulera du 6 au 11 avril à Sousse.

Budget en hausse par rapport à l’édition précédente, films inédits en avant-première, trois jurys internationaux pour quatre compétitions ainsi que des ateliers de formation et des rencontres.

Tout d’abord, quel bilan faites-vous de la précédente édition ?

L’édition précédente était un défi qui consistait à restituer un festival qui était moribond durant cinq années. Le Fifej est l’un des plus grands festivals du cinéma du pays. Il se positionne comme la troisième manifestation cinématographique après les JCC et le Fifak. Le bilan de la 14e édition est globalement positif.

On a pu rétablir la confiance avec les bailleurs de fonds, le ministère des Affaires culturelles,  les autorités locales de la région de Sousse et les associations partenaires. On a même réussi à faire appel à de nouveaux partenaires. D’autre part, nous avons appliqué à la lettre le programme que nous avions annoncé lors de la conférence de presse.

Cette année, nous avons prévu d’ajouter un jour supplémentaire. L’an dernier, le festival s’est déroulé durant cinq jours. Les fictions et les documentaires étaient réunis dans une seule compétition. Cette année, nous avons choisi de les séparer en deux compétions d’autant plus que nous avons reçu plus de films sur la plateforme du Fifej. Cela prouve que les réalisateurs, producteurs et distributeurs ont confiance dans cette manifestation.

Quels sont les points négatifs ?

La présence des enfants et des jeunes était faible. Nous n’avons pas beaucoup travaillé sur cette question bien qu’il y ait eu une collaboration avec le ministère de la Jeunesse et des Sports. Cette année, nous nous sommes dirigés plus vers les écoles de cinéma à l’instar des Ecoles des arts et des métiers de Gabès, de Kairouan, l’Ecole des Beaux-Arts de Nabeul, l’Académie de Carthage à Tunis dans la perspective de faire participer  les étudiants aux ateliers et les faire profiter des échanges qui leur permettront de créer des relations avec des professionnels susceptibles de les aider plus tard dans leur métier de cinéaste.

Par ailleurs, nous avons préparé à l’avance nos dossiers de financement auprès du ministère des Affaires culturelles. Le problème réside dans le traitement des dossiers au sein des instances compétentes du ministère dont les travaux ne démarrent qu’au mois de février alors que le festival se tient début avril. Nous pensons sérieusement à changer la date du festival. L’an prochain, il aura lieu sans doute au mois de septembre.

Qu’en est-il du budget ?

Le budget a sensiblement augmenté du fait que de nouveaux partenaires sont entrés en jeu comme le Fonds des Nations unies section de Tunisie qui nous a accordé la somme de 30 mille dinars pour l’hébergement et la formation des jeunes participants des écoles citées plus haut. Un hôtel de Sousse nous a également offert l’hébergement du jury et de quelques invités.

Nous avons compté aussi sur la coopération avec les instituts culturels des représentations diplomatiques en Tunisie (IFT, Goethe institut) qui prennent en charge les titres de voyage des cinéastes invités ainsi que des droits de diffusion des films.

Le gouvernorat de Sousse, ayant pris en considération les retombées de la session précédente, prévoit de nous fournir des aides logistiques importantes ainsi que la Municipalité et les unités sécuritaires de Sousse.

L’affiche de cette 15e édition représente le poète Virgile auteur de l’Enéide, entouré de deux muses : Clio et Melpomène. Quel est le rapport avec la thématique de cette présente édition ?

C’est mon idée. L’an dernier nous avons rendu hommage à la Palestine. Cette fois-ci, je voulais transmettre un message d’espoir avec cette représentation dont une copie de la mosaïque recouvre le mur du rempart de Sousse. Je voulais mettre en valeur ce patrimoine qui fait la fierté de Sousse. On a remplacé Virgile par un enfant portant des lunettes 3D.

Qu’est-ce qui caractérise la programmation de cette édition ?

La majorité des films proposés seront diffusés pour la première fois en Tunisie dont un film égyptien après son passage au Festival Red Sea qui raconte l’histoire d’un albinos, un biopic vénézuélien sur le chanteur engagé Ali Primera, avant-première des films russe, jordanien, togolais, français.

Le film d’ouverture «Nawi» de Tobias et Kevin Schmulzler est une grande œuvre adaptée d’un fait divers qui exprime parfaitement la philosophie de cette 15e édition. Il sera projeté en présence d’un des quatre réalisateurs et de sa productrice. Le film traite du mariage des filles mineures au Kenya et défend des valeurs et des principes humains et universels et est soutenu par la société civile allemande. Il y aura 55 films en tout dont 8 films documentaires longs dans la compétition officielle.

Quel objectif voulez-vous atteindre ?

J’aspire à créer un festival incontournable à Sousse, ville touristique par excellence. Mais là, il y a un travail considérable à faire pour convaincre la population à adhérer à ce projet. La confiance se construit en des étapes.

J’ai un défi personnel. J’ai hérité un festival fondé par Néjib Ayed. Je suis très honoré de prendre la relève et d’être aujourd’hui à sa place. Je veux laisser une empreinte.

Quelles sont les difficultés que avez vous affrontées pour réaliser cette édition ?

La première chose est de réfléchir à la philosophie qu’on veut donner à cette édition en démarrant par l’affiche. Je pense tout d’abord au choix de l’angle et des causes que nous voulons défendre et mettre en avant. Comment on peut mettre en place des ateliers de formation différents de la session précédente.

C’est en réfléchissant à tout cela que je pense à la programmation des films. Comment obtenir les films, solliciter la contribution d’amis : Mohamed Maâcharaoui, Mohamed Bakri, Mohamed Malass, Moussa Touré, Gaston Kabouré et d’autres partenaires à qui je demande de me fournir les liens pour visionner les films.

Les procédures administratives et bureaucratiques sont les premières difficultés à affronter. Leur déblocage prend énormément de temps, ce qui rend contraignant notre travail.

Le budget total de la 15e édition s’élève à 135.000 dinars dont 110.000 D, aide du ministère des Affaires culturelles. Mais on peut atteindre les 170.000 dinars grâce aux services fournis par les partenaires. Il faut sans doute revoir le travail des commissions.

Celles-ci doivent trouver des solutions pour faciliter l’organisation des festivals. La prise en charge revient à l’Etat dont le rôle consiste à accompagner la société civile dans ses projets qui ne sont pas à but lucratifs.

Sous quel signe inscrivez-vous cette 15e édition ?

Sous le signe de l’amour et de l’espoir à l’égard d’une jeunesse avec laquelle on cherche à partager nos ambitions.

Auteur

Neila GHARBI

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