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Financement étranger des associations : L’urgence de la clarté et de la transparence

  • 5 avril 15:00
  • 4 min de lecture
Financement étranger des associations : L’urgence de la clarté et de la transparence

Dans la transition démocratique que la Tunisie vit en ayant la conviction que la réussite est au bout du chemin tracé par le Président Kaïs Saïed, les associations ont un rôle important à assumer.

Mais elles doivent se libérer de l’argent qu’elles reçoivent de l’étranger et épouser les thèses du 25 Juillet loin des conseils ou des pressions de ceux qui les financent et leur dictent leurs ordres.

La Presse — Pouvons-nous vivre un jour où l’une des milliers d’associations de la société civile accepte de nous révéler comment elle dépense les milliers de dollars ou d’euros qu’elle reçoit périodiquement de la part d’associations étrangères dites les associations mères, des centres culturels étrangers œuvrant aussi sur le plan national ou enfin de la part de particuliers tunisiens ou étrangers ?

Des subventions que ces associations ont pris l’habitude de publier le montant sur certains journaux, en précisant, la plupart du temps, en une petite phrase le domaine auquel ces sommes seront consacrées, sans ajouter si elles (les associations implantées en majorité dans les régions du pays) vont publier le nombre de projets à financer ou le nombre et les noms des bénéficiaires.

Donc, à lire quotidiennement certains journaux, on découvre dans les pages réservées aux encarts publicitaires, dans des cases souvent difficiles à détecter, qu’il existe des sommes énormes en dollars et en euros circulant dans le pays entre les mains de responsables d’associations, pour la plupart exerçant dans les zones rurales.

En parallèle, la Banque centrale de Tunisie (BCT), plus particulièrement la haute instance des analyses financières, se contente de recevoir les sommes d’argent en question et de les virer dans les comptes bancaires des bénéficiaires, sans se soucier de prendre l’initiative d’informer l’opinion publique comment sont gérés ces fonds, estimant qu’il n’est pas de sa responsabilité juridique de le faire.

Et le  décret de septembre 2011 instituant l’acceptation des financements étrangers ne donne à personne le contrôle des financements sauf à la Cour des comptes qui nous sert, annuellement un rapport détaillé et promet un suivi qu’elle ne réalise jamais.

Quant au secrétariat général du gouvernement, il fait tout juste son métier, celui de décider un mois ou une quinzaine de jours de gel des activités d’une association avant de saisir la justice au cas où l’association concernée ne répondrait pas comme il se doit aux recommandations du S.G. du Palais de La Kasbah.

En attendant que le gouvernement prenne la décision de satisfaire les revendications des Tunisiens intéressés par l’action des associations et propose la révision du décret de septembre 2011 dans le sens de  régulariser la question épineuse du financement étranger, la commission parlementaire des droits et des libertés a examiné, mardi 30 mars 2026, la possibilité de réviser la loi sur les associations.

L’initiative parlementaire est à saluer à sa juste valeur puisqu’elle consacre superbement l’approche clairvoyante du Président Kaïs Saïed qui considère que le tissu associatif national a l’obligation de s’aligner sur la tendance ou la volonté de se libérer du diktat des financeurs, même s’ils prétendent agir en «amis désintéressés» prétendant apporter leur expérience et leur expertise à la Tunisie afin qu’elle réussisse sa transition démocratique.

Il demeure qu’il subsiste encore un réel espoir selon lequel les autorités concernées, en premier lieu la présidence du gouvernement et le ministère public, accordent à la question de l’amendement ou carrément l’annulation du décret-loi de septembre 2011. Et ce, en application des orientations défendues par le Chef de l’Etat, convaincu que la Tunisie du 25 Juillet a besoin de l’apport spécifique des associations de la société civile.

Mais à condition qu’elles agissent au grand jour, qu’elles publient régulièrement leurs comptes, informent l’opinion publique de la nature et du contenu des projets qu’elles disent soutenir ainsi que la liste détaillée des bénéficiaires même si la loi ne les oblige pas à le faire. Bref, en un mot, il faut que ces associations et les responsables qui les gèrent aient le courage de révéler leurs visages au grand public.

Auteur

Abdelkrim DERMECH

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