L’expérience agricole pilote de culture de la betterave sucrière dans le gouvernorat de Kasserine affiche des résultats initiaux encourageants. Déployée sur plus de 152 hectares, cette initiative a d’abord concerné les délégations de Sbeïtla, Majel Bel Abbès et Fériana, avant de s’étendre récemment à celle d’El Ayoun. Cette démarche inédite dans la région vise à diversifier la production locale tout en privilégiant des alternatives culturales moins coûteuses et mieux adaptées aux défis climatiques actuels.
Le président de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche (URAP) à Kasserine, Mohamed Hassen El Azhari, a précisé que l’expérience repose sur des semences importées d’Allemagne. Bien que les indicateurs soient positifs en termes de maîtrise des coûts et d’économie d’eau, des ajustements sont envisagés, notamment le passage aux cultures sous serres pour protéger les plants des vents violents ayant récemment touché la région.
Le succès de cette filière reste toutefois tributaire de l’approvisionnement en ammonitre, une substance dont la pénurie affecte également les grandes cultures régionales. L’URAP collabore étroitement avec la direction régionale du Commerce pour sécuriser les intrants nécessaires aux agriculteurs engagés dans ce projet. Cette initiative s’inscrit par ailleurs dans un partenariat stratégique avec la Sucrerie de Béja, garantissant ainsi la valorisation industrielle de la récolte et l’intégration des agriculteurs de Kasserine dans une chaîne de valeur solide.
L’encadrement technique est assuré par une coordination entre le Commissariat régional au développement agricole, l’Institut national des grandes cultures et la coopérative de services agricoles « Développement des exploitations agricoles » de Znadia. Une commission nationale de suivi s’est d’ailleurs rendue sur le terrain pour évaluer l’état des cultures et recueillir les préoccupations des exploitants. Ces experts ont formulé des recommandations techniques pour optimiser le rendement et pérenniser cette expérience prometteuse pour l’avenir agricole de la région.



