Université de La Manouba – 5e édition du Salon de l’Emploi “Job Fair” à l’ESCT : Adaptabilité, créativité et innovation
L’étudiant et futur employé devra réunir trois qualités essentielles : la capacité d’adaptation, la créativité et l’innovation.
Dans un monde marqué par l’essor de l’intelligence artificielle, ces compétences deviennent indispensables pour évoluer, remettre en question les modèles existants et accompagner les transformations profondes du marché du travail.
La Presse — La cinquième édition du «Job Fair» de l’Esct, organisée le 1er avril 2026 à l’Amphi 1 de La Manouba, s’est tenue sous le thème : « Shaping your Career in the Era of AI ». Une thématique au cœur des préoccupations actuelles, centrée sur la manière de construire sa carrière à l’ère de l’intelligence artificielle.
La journée a débuté par l’accueil des exposants et des invités, suivie des allocutions officielles. Ont pris la parole notamment la directrice de l’Esct, Pr Nadia Abaoub Ouertani, le Pr Nabil Grissa représentant le président de l’Université de La Manouba, le gouverneur de la région, Mahmoud Chouaib, ainsi que le ministre des Technologies de la Communication, Sofiene Hemissi. Dans son intervention, la directrice de l’Esct a rappelé que ce rendez-vous est devenu incontournable pour les étudiants et jeunes diplômés.
Elle a souligné l’importance du lien entre l’université et le tissu socio-économique, matérialisé cette année par la présence de plus de 60 entreprises. Le salon offre ainsi des opportunités concrètes de stages, d’emplois et de rencontres avec les recruteurs, tout en permettant aux étudiants de mieux appréhender les nouvelles exigences professionnelles.
Elle a également insisté sur la pertinence du thème choisi, mettant en avant l’impact croissant de l’intelligence artificielle sur les métiers, les compétences et les méthodes de travail. Une transformation à laquelle l’université entend préparer activement ses étudiants, notamment à travers une conférence plénière et des ateliers organisés en amont.
Après les discours d’ouverture, plusieurs figures du monde économique ont pris part aux échanges, parmi lesquelles Nejia Gharbi (CDC), Riadh Hajjej (ATB), Mourad Ben Hassine (Cepex), Karim Bouzgarrou (STB Finance), Bilel Sahnoun (Bourse de Tunis) et Essalah Abderraouf (Transtu).
La conférence plénière a permis d’aborder les mutations du marché du travail à l’ère de l’IA. Les intervenants ont traité de sujets variés : redéfinition des talents, management intergénérationnel, financement des projets innovants, transition vers des emplois responsables ou encore émergence de nouveaux métiers. Une interrogation majeure a traversé les débats : comment le marché du travail redéfinit-il les talents de demain ?
Un fort engouement
Malgré une météo peu clémente, la mobilisation des étudiants a été remarquable. L’amphithéâtre affichait complet, témoignant de l’intérêt porté à cette thématique et des attentes d’une jeunesse en quête d’opportunités. Le ministre des Technologies de la Communication, Sofiene Hemissi, a adopté un discours direct et accessible.
Il a mis en lumière la rapidité des transformations technologiques, comparant l’évolution actuelle à celle des grandes mutations industrielles. Il a également évoqué les craintes, mais aussi les espoirs suscités par l’IA, appelant les jeunes à miser avant tout sur leurs propres capacités tout en s’appuyant sur l’accompagnement de l’État.
À travers des exemples concrets et des métaphores marquantes, il a illustré l’ampleur des changements : des entreprises numériques devenues des acteurs mondiaux majeurs, redéfinissant les règles traditionnelles de l’économie. M. Sofiène Hemissi a rappelé combien la révolution des technologies a profondément transformé le paysage du marché de l’emploi malgré une crainte généralisée.
Il a fait un parallèle avec les transformations qui touchent l’industrie et plus encore. Il a parlé du scepticisme ambiant et des craintes des postulants au marché de l’emploi entre craintes, espoirs et appréhensions. Les projets se sont transformés avant et aujourd’hui où cela prenait 10 ans alors qu’aujourd’hui tout va à la vitesse V, grâce notamment à l’Internet et les Ntic qui se sont déployés tous azimuts.
L’expansion des startups qui poussent comme des champignons, même si toutes ne roulent pas sur l’or ont amplifié cette réalité. Il a parlé de l’ingénieur qui doit s’adapter aux réalités actuelles et ne peut avoir des demandes extrapolées, parce que la machine peut faire beaucoup Il a évoqué les situations professionnelles et les métiers où l’IA est moins impactante.
Il a décrit Facebook comme plus grand pays, d’Uber plus grand transporteur et même Whatsapp comme plus grand opérateur des télécommunications grâce au seul génie de la mise en relation et l’interconnexion entre les personnes, avec de moindres coûts et des gains colossaux. Une série de métaphores pour démontrer combien les temps ont changé et le marché du travail avec. « Comptez d’abord sur vous-mêmes et l’Etat vous soutient et vous accompagne jusqu’au bout. »
Un espace d’échanges et de dialogue
Au-delà des conférences, le salon s’est affirmé comme un véritable espace de dialogue. Les interactions entre étudiants, enseignants et professionnels ont permis de renforcer les passerelles entre formation académique et besoins du marché. Mme Ilhem Baccar, enseignante à l’Esct, insisté sur la d’un partenariat durable entre université et acteurs économiques.
Elle a plaidé pour une approche inclusive, intégrant l’égalité des chances, la diversité et l’accompagnement des jeunes issus de milieux défavorisés. Selon elle, ces collaborations doivent s’inscrire dans une vision stratégique à long terme, fondée sur la confiance et la coconstruction
Des stands animés
Les espaces d’exposition ont connu une forte affluence tout au long de la journée. Entre institutions bancaires, compagnies d’assurances, entreprises privées et plateformes de recrutement, les stands ont offert aux étudiants une vision concrète des débouchés professionnels. Les échanges ont permis aux jeunes de mieux comprendre les profils recherchés, dans un contexte où l’intégration de l’intelligence artificielle devient un critère déterminant. Les recruteurs ont ainsi mis l’accent sur des compétences hybrides, alliant savoir-faire technique, adaptabilité et esprit critique.
Cette cinquième édition du «Job Fair» de l’Esct confirme le rôle central de ce type d’initiatives dans l’accompagnement des jeunes vers l’emploi. À l’heure où l’intelligence artificielle redessine profondément les contours du marché du travail, l’enjeu n’est plus seulement de former, mais de préparer à évoluer en permanence.
Entre rencontres, débats et opportunités concrètes, le salon a su créer une dynamique constructive, porteuse d’espoir. Une chose est désormais claire : les talents de demain seront ceux qui auront la latitude d’apprendre, de s’adapter et d’innover dans un monde en perpétuel changement.



