Aslan Ben Rejeb : les répercussions de la guerre contre l’Iran imposent des réformes économiques
Le Président de la Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie (CONECT), Aslan Ben Rejeb, a dressé ce lundi 6 avril 2026 un constat sans concession. Selon lui, les ondes de choc des conflits mondiaux et des tensions géopolitiques commencent à fragiliser l’édifice économique national. Bien que la Tunisie soit géographiquement distante des zones de combat, elle subit indirectement les répercussions résultant de l’envolée des cours de l’énergie, la désorganisation des chaînes d’approvisionnement et l’explosion des frais de logistique.
Le patron de la CONECT a particulièrement pointé du doigt les récentes mesures de restriction des importations. Si l’objectif de réduire le déficit commercial est louable, le reclassement de produits sensibles, tels que le matériel paramédical, en simples biens de consommation courante menace la viabilité de secteurs stratégiques.
Lors de son intervention dans l’émission Expresso ce matin, Aslan Ben Rejeb a appelé l’administration à engager un dialogue direct avec les opérateurs privés afin de rectifier le tir.
Au-delà des ajustements techniques, c’est une véritable révolution structurelle que réclame le président de l’organisation patronale. Il rappelle que l’amélioration en trompe-l’œil de la balance commerciale au début de l’année 2026 cache une réalité difficile : la facture énergétique pèse pour plus de la moitié du déficit global. Dans ce contexte, la transition énergétique ne relève plus du simple engagement écologique, mais s’impose comme un impératif de souveraineté nationale. L’accélération des chantiers d’énergies renouvelables devient ainsi l’unique voie pour s’affranchir de la dépendance extérieure.
L’urgence s’étend également au secteur du transport et de la logistique, talon d’Achille de l’export tunisien. Avec 90 % des échanges transitant par la mer, la modernisation des ports est devenue une priorité absolue pour sauvegarder la compétitivité des entreprises. Parallèlement, Ben Rejeb milite pour une refonte du code des changes et une simplification de la fiscalité à l’export, tout en préconisant un ancrage stratégique renforcé avec l’Algérie et la Libye.



