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Sport

Au fait du jour : L’art de défoncer les portes ouvertes

  • 6 avril 17:00
  • 5 min de lecture
Au fait du jour : L’art de défoncer les portes ouvertes

La Presse — Indépendamment de tout ce que l’on pourrait penser, apprécier ou rejeter, les représentants des couleurs tunisiennes sur la scène sportive sont en train de donner l’exemple et de prouver que la jeunesse, les générations actuelles, ont de quoi être fières des efforts qu’elles fournissent pour être les meilleures. Ils viennent, filles et garçons, tout bousculer : les usages, les coutumes, les traditions internationales et autres idées préconçues dans tous les domaines.

Ne parlons pas des domaines scientifique, artistique, ou technique où pas un jour ne passe sans qu’un jeune remporte une distinction, soit nommé à la tête d’organismes internationaux ou ont été des créateurs d’entreprises qui cartonnent. Restons dans le milieu sportif. L’équipe de Tunisie de football, qui a joué et apaisé bien des fans, n’a qu’une moyenne d’âge de vingt cinq ans. L’escrime, la natation, le judo, le karaté et autres disciplines sportives sont portés à bout de bras par des jeunes.

De ce fait, que des pseudo doctes ne viennent pas essayer de défoncer des portes ouvertes et nous donner l’impression qu’ils connaissent les problèmes que traversent ces dignes représentants du pays et qu’ils possèdent les solutions. Alors qu’ils répondent à côté des questions.

En dépit de tout ce que l’on a bien voulu nous raconter, des entraîneurs étrangers n’ont pas été payés, des frais de séjour, des engagements pris par nos nageurs n’ont pas été honorés, des sportifs d’élite ont déserté (cela commence à devenir très sérieux), d’authentiques champions en paralympiques souffrent et ont déposé une plainte auprès de la présidence de la république et du gouvernement, et on vient nous raconter des histoires ?

Dans une précédente édition, nous avons conseillé à la FTNatation d’envoyer un des siens pour camper dans les couloirs du ministère des Sports. Nous sommes bien au courant d’un certain nombre de dossiers qui n’ont été résolus que par des promesses. Sans tenir compte de ce que ressentent nos jeunes, filles et garçons qui sont loin de leurs familles, ne mangent peut-être pas à leur faim, sont gênés par le regard de leurs entraîneurs, réfléchissent comment emprunter pour payer des frais courants. Ce n’est pas pour rien que nous avions émis ce conseil. La situation est grave. Nous n’avons besoin ni de commissions ni de conseillers qui n’ont rien compris aux exigences des sports d’élite. Nous avons besoin d’un service, d’une direction qui respire «élite et ses besoins». Un point c’est tout.Ce service a existé et a été mis en place pour organiser les Jeux méditerranéens en…. 1967 ! Il a déblayé le terrain pour aboutir aux succès de l’équipe de football de 1978, enrichi par des volontaires, il s’est converti en Comité d’organisation pour le Mondial de handball de 2005 et pour préparer la Coupe d’Afrique de 2004, etc. Cela prouve, si besoin est, qu’à une certaine époque, la Tutelle a bien compris que des dossiers de cette importance ne sauraient être mélangés avec ceux qui gisent un peu partout. Cela pourrait être sous une forme de service mixte où figure automatiquement un responsable de chaque fédération dont les athlètes aspirent aux podiums. Il y a même le prestige du pays qui se ressent de ces promesses non tenues. On oublie en effet que nombre de nos athlètes continuent à s’entraîner sous la férule de ces techniciens étrangers auxquels nous devons leurs émoluments et n’eut été leur compréhension, ils les auraient tout simplement mis dehors. Ces représentants de la tutelle avaient la possibilité d’ouvrir toutes les portes, sans passer par les commissions et les rouages administratifs qui ralentissent ou même bloquent tout. En fin de compte, si les choses sont bien faites, il n’y a aucune raison que ce dont a besoin cette élite fasse le même parcours des combattants qu’effectuent d’autres dossiers. Toutes ces explications que l’on émet, comme si l’on a inventé la roue, ne servent à rien. Disons qu’ils servent à quelque chose : encourager ceux et celles qui hésitent encore d’aller voir ailleurs.

Auteur

Kamel GHATTAS

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