Cette année, les moutons de l’Aïd vont se vendre plus cher que l’année dernière. Un animal écoulé l’an dernier à 1 000 dinars en moyenne devrait atteindre 1 100 dinars, voire davantage, selon les estimations des professionnels du secteur.
Interrogé sur les ondes de Mosaïque FM, Maïdani Dhaoui, président du syndicat des agriculteurs (Synagri), a expliqué que cette légère hausse reflète les difficultés persistantes des éleveurs, confrontés à la hausse continue des coûts d’élevage et aux charges liées à la production.
La filière ovine souffre également d’une baisse du cheptel, conséquence directe de la réduction de l’alimentation naturelle due à plusieurs années de sécheresse.
Alors que l’alimentation des ovins représente entre 50 et 70 % du coût total d’élevage, aujourd’hui, le prix d’une balle de foin comprise entre 14 et 16 kg s’élève à près de 46 dinars et les achats saisonniers de fourrages peuvent atteindre jusqu’à 1,6 million de dinars, a souligné le Président du syndicat. Cette augmentation des charges rend la gestion du cheptel de plus en plus difficile pour les éleveurs.
Selon Maïdani Dhaoui, les mesures conjoncturelles, comme l’importation de viande pour réguler le marché et limiter la spéculation, n’ont pas suffi à redresser un secteur en crise et les éleveurs appellent désormais à des solutions structurelles et radicales pour relancer durablement la filière.
Parmi les recommandations proposées: il s’agit, plutôt que de dépendre de l’importation de viande, d’apporter un soutien financier aux professionnels du secteur, et ce, en accordant des crédits sans intérêt aux petits éleveurs afin de leur permettre d’acquérir des têtes de brebis productrices qui permettrait, ainsi, de reconstituer progressivement le cheptel ovin national.



