Même si elle n’était pas favorite au début de la saison, l’USM s’est retrouvée dans le sprint final. Emmenée par un magnifique Franklin Troy, l’USM a mérité son titre avec des qualités individuelles et collectives, le tout avec un mental d’acier.
La Presse — Le vécu des titres est quelque chose qui forge dans une équipe la capacité de bien gérer les fins de saison. L’USMonastir l’a prouvé en remportant en trois matches son 10e sacre de champion face à une ambitieuse JSK. C’était équilibré dans les trois matches, et il a fallu des détails tout petits mais si déterminants pour permettre à l’USM de l’emporter 3-0. Les Monastiriens ont pris option déjà après le second match en renversant la vapeur et remportant un match qui allait doucement vers la JSK. Là, on a senti une différence dans la gestion des dernières minutes. Presque le même scénario s’est produit à Kairouan avec une JSK qui ressurgit et rattrape un écart qui a dépassé la dizaine de points. Ce panier d’égalisation raté par Makhlouf en dit long sur la réussite d’une USM qui sait revenir quand l’adversaire prend le dessus. Sur les trois matches, l’USM a construit ses victoires autour d’un basket varié et réfléchi qui privilégie plus les combinaisons construites et placées sur les transitions rapides, qui axe la défense sur la zone compacte qui bloque les espaces devant les débordements et les tirs à trois points et qui profite de la supériorité de la taille pour dominer les rebonds. Et dans tout cela, les Monastiriens ont su profiter du brillant rendement de trois joueurs clefs dans cette consécration : Franklin Troy, Firas Lahiani et Bechir Ben Yahia.
Franklin en état de grâce
C’est un distributeur de jeu qui a beaucoup de technique et qui, chose rare sur nos parquets, manie l’art de dribbler aisément un joueur en un geste. Franklin Troy, qui use parfois trop du jeu individuel, a fait ce qu’il veut au troisième match à Kairouan avec 40 points inscrits et une énorme facilité à marquer les tirs à trois points, à lancer les « pick and roll », à servir ses équipiers par des passes qui déverrouillent toute une défense, à contrer, à coller des fautes alors qu’il en avait trois au début du 3e quart-temps. Bref, au premier et au troisième match, Franklin a fait étalage de son talent de pointeur-dribbleur rapide et fort aussi en défense. C’est le créateur et tête pensante de cette USM. Firas Lahiani, lui, a joué son rôle d’intérieur coriace rebondeur qui réussit également à jouer hors de la zone. Son association avec Franklin a donné beaucoup de poids au jeu offensif d’une USM qui a l’avantage de pouvoir varier son jeu. Le métier de Lahiani a été précieux, alors que, pour Bechir Ben Yahia, joueur discret, son apport a été défensif en stoppant Francis, Chihi et les joueurs aghlabides costauds sous le panneau. Un joueur si fondamental en défense qui empêche l’adversaire de passer facilement. Pour les autres Monastiriens, Osaris, Jaziri, Ghayaza (très utile vers la fin des matches), Berrached et Addami, ils étaient là pour compléter le puzzle. Les qualités individuelles et surtout collectives, sans oublier une patience dans les moments faibles, ont permis à l’USM de gagner sur le fil certes, mais le plus important était de l’emporter. Arturo, un entraîneur sobre et assez intelligent, a fait ce qu’on a demandé de lui : ramener un titre et profiter de ses atouts. Pour un club qui a pris l’habitude de changer les entraîneurs en cours du chemin, Arturo semble celui qui fait l’unanimité à Monastir. Remporter le titre de champion est une très bonne affaire pour une USM qui va retrouver la BAL, la compétition fétiche du basket africain qui ramène de l’argent. La coupe de Tunisie vient sûrement en second lieu, le plus important a été fait pour une USM qui a la culture des titres et la réussite des clubs titrés.



