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De la résilience du blocus à l’axe Téhéran-Tunis : L’Iran mise sur la Tunisie comme porte de l’Afrique

  • 7 avril 21:50
  • 3 min de lecture
De la résilience du blocus à l’axe Téhéran-Tunis : L’Iran mise sur la Tunisie comme porte de l’Afrique

L’ambassadeur de la République islamique d’Iran en Tunisie, Mir Masoud Hosseini, a dressé le bilan de quarante jours d’offensive américano-israélienne. Le diplomate a affirmé que son pays déciderait seul du terme des hostilités et a posé plusieurs conditions strictes à une sortie de crise, tout en soulignant la résilience économique de Téhéran et la volonté de renforcer les axes commerciaux avec la Tunisie.

Téhéran refuse tout cessez-le-feu isolé ou précaire. Dans une interview accordée à Express FM le 7 avril 2026, l’ambassadeur Mir Masoud Hosseini a précisé que la fin de la guerre dépendra de l’acceptation de garanties internationales de non-répétition, du versement de réparations de guerre et de la levée totale des sanctions. Ces exigences s’inscrivent dans une volonté de mettre un terme définitif aux conflits dans l’ensemble de la région, incluant le Liban, la Syrie, le Yémen et l’Irak. L’ambassadeur a confirmé l’absence de négociations directes avec les États-Unis, précisant que seuls des messages transitent via des intermédiaires comme Oman et le Pakistan.

Sur le plan militaire et stratégique, le diplomate a revendiqué une mise en échec de l’offensive éclair initialement prévue par les attaquants. Il a chiffré les pertes américaines à 42 milliards de dollars et les pertes israéliennes à 20 milliards, citant notamment la destruction d’un avion de surveillance AWACS et de chasseurs F-35. Concernant le détroit d’Ormuz, il a réfuté l’idée d’un blocus, expliquant que le passage reste ouvert sous administration iranienne pour les nations partenaires, tout en soulignant que le ton des ultimatums américains s’est abaissé face à la mobilisation de 12 millions de volontaires iraniens pour la défense des frontières.

La stabilité intérieure de l’Iran repose, selon l’ambassadeur, sur une autosuffisance acquise durant quarante-cinq ans de blocus. Le pays produit désormais l’intégralité de son armement défensif, 95 % de ses besoins en médicaments et assure sa sécurité alimentaire en blé et en thé. Cette autonomie industrielle permet un fonctionnement normal des services de base et de l’approvisionnement malgré les frappes sur les infrastructures. Sur le front des opinions, Hosseini a décrit le conflit comme une bataille de récits à 70 %, opposant la réalité du terrain à la narration de Washington, et a souligné la cohésion nationale marquée par le retour de certains opposants pour défendre le territoire.

Enfin, les relations avec la Tunisie ont été présentées comme un axe politique et économique majeur. L’ambassadeur a rappelé l’accréditation rapide de ses lettres de créance et la participation unique du président tunisien aux funérailles du président Raïssi. Malgré la suspension de la commission économique mixte par la guerre, des projets de coopération dans les secteurs du phosphate, de l’huile d’olive et de la filière des dattes sont à l’étude. La mise en place de liaisons aériennes directes de 4h30, ayant déjà facilité le transport de 5 000 passagers l’été dernier, vise à faire de la Tunisie une plateforme stratégique pour le commerce iranien vers l’Afrique et l’Europe.

Auteur

S. M.

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