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Écosystème des startups : Entre attractivité régionale et défi du scale-up

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  • 7 avril 20:15
  • 4 min de lecture
Écosystème des startups : Entre attractivité régionale et défi du scale-up

Talents compétitifs, cadre réglementaire structurant et projection naturelle vers le marché africain : la Tunisie consolide progressivement sa place dans la tech régionale.

Reste à transformer ces atouts en dynamique de croissance durable, dans un marché encore étroit.

La Presse — Malgré l’étroitesse de son marché et sa maturité encore précoce, le jeune écosystème tunisien des startups est en évolution. Porté par des talents hautement compétitifs à l’échelle internationale et par un cadre réglementaire avancé, il continue d’attirer les investissements.

C’est, en substance, ce qui ressort des interventions des speakers ayant pris part à un webinaire récemment organisé par La French Tech Tunis.

Consacré au secteur de la tech et des services, ce rendez-vous, animé par des spécialistes de l’investissement technologique, avait pour objectif de mettre en lumière les opportunités offertes aux startups en Afrique du Nord.

Les participants ont particulièrement mis l’accent sur trois écosystèmes phares de la région : le Maroc, la Tunisie et l’Égypte.

S’agissant de l’écosystème tunisien, les intervenants ont surtout insisté sur la qualité des talents, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle.

« Au niveau tech, la Tunisie forme des talents très solides, avec un coût du travail particulièrement compétitif par rapport à la région », a affirmé à ce propos Meryem El Aroui, Senior Manager chez Inskip.

« Le talent tunisien en intelligence artificielle est exceptionnel. J’ai observé un très haut niveau de qualité, parmi les meilleurs talents en Afrique.Ils n’ont rien à envier aux « Golbal Talent ».

Les startups historiques ont attiré le capital-risque. On est tous à la recherche de la nouvelle big startup. La culture tech y est également très solide », a abondé dans le même sens Nihal Grii, responsable du développement de l’écosystème d’investissement chez Renew Capital.

Capitaliser et valoriser les atouts 

Outre le vivier de compétences qu’elle recèle, la Tunisie présente, selon les intervenants, un autre atout majeur : le Startup Act.

Ce cadre réglementaire a permis de structurer un écosystème encore très jeune et qui manque encore de profondeur.

« Nous sommes sur un marché certes très jeune et de taille réduite, mais c’est probablement, parmi ces trois écosystèmes, celui qui est le plus structuré en termes de cadre légal.

Dès 2018, le « Startup-Act » a été lancé. Il s’agit d’un cadre pionnier dans la région, qui offre de nombreux avantages fiscaux, facilite l’accès au financement et donne un cadre très clair aux entrepreneurs », a ajouté Meryem El Aroui.

L’orientation vers le marché africain constitue également un avantage pour l’écosystème tunisien et, plus largement, pour les jeunes entrepreneurs, car elle leur permet de capter l’attention des fonds d’investissement panafricains.

D’après Nihal Grii, l’analyse du contexte tunisien a permis de mettre en évidence la forte tendance des jeunes entrepreneurs tunisiens à s’internationaliser et à s’exporter vers l’Afrique.

« Les entrepreneurs tunisiens excellent dans le testing sur d’autres marchés. Ils commencent par tester le marché tunisien et ils sont très rapides dans la décision de changer d’échelle dans d’autres écosystèmes.

Ce qui est très bien parce que comme le marché est petit, ils osent et c’est ce qui les aide à améliorer leur processus, leurs offres et les pousse à être très compétitifs dans la scène globale », a-t-elle souligné.

Côté faiblesses, l’écosystème tunisien souffre encore d’un manque de profondeur. En 2025, 37 millions de dollars ont été levés pour 18 startups financées, ce qui traduit, selon les intervenants, un deal flow (flux d’opportunités d’investissement) en baisse.

La question du change, la fuite des talents mais aussi le manque de business angels et, plus globalement, l’insuffisance des financements en phase pré-revenus figurent parmi les principaux freins au développement de l’écosystème tunisien.

Et entre similitudes et différences, les intervenants ont souligné, en somme, que l’enjeu pour ces trois écosystèmes réside désormais dans le passage à l’échelle.

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Auteur

Marwa Saidi

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