Hausse des droits d’entrée aux musées : Les Tunisiens attendent un geste du Président
Le Chef de l’Etat, Kaïs Saïed, est convaincu que la réussite du processus de décollage civilisationnel national prôné depuis le 25 juillet 2021 est tributaire de la préservation de nos richesses culturelles et archéologiques et de l’accès des Tunisiens à leur découverte et à leur administration. Il reste que malheureusement, la décision récente relative à la hausse vertigineuse des droits d’entrée aux musées nationaux doit être révisée obligatoirement et sans attendre que le Chef de l’Etat s’en mêle comme à son habitude.
La Presse — L’information est tombée, jeudi 2 avril 2026, comme un couperet. Dans le dernier numéro du Journal officiel de la République tunisienne (Jort n°34) paru le mardi 31 mars dernier, les tarifs des droits de visite aux musées ont été revus à la hausse.
Ainsi, à partir du mercredi 1er avril, ceux qui désirent visiter le Musée du Bardo doivent payer trente dinars (30 D) par personne. Et en janvier 2027, ils payeront quarante-cinq dinars (45 D) par personne.
Pour les musées de Carthage, d’El Jem et de Kairouan, on payera vingt dinars (20 D) qui s’élèveront à trentes dinars (30 D) en janvier prochain. Quant aux visiteurs étrangers, ils auront à payer quatre dinars (4 D) et au maximum neuf dinars.
Donc, si on fait les comptes pour un père de famille qui voudrait faire découvrir à ses quatre enfants et à son épouse les trésors de l’histoire de leur pays conservés au Musée du Bardo, il aura à régler la somme de 180 dinars. A Kairouan et à El Jem, il aura à payer 120 dinars.
Comment ces tarifs ont-ils été fixés et sur quels critères a-t-on, du côté du ministère de la Culture, décidé ces hausses vertigineuses, alors que jusqu’à une époque récente, les droits d’entrée aux musée étaient symboliques et gratuits pour les élèves et les étudiants ?
Qui a pris ces décisions et pour quelles raison a-t-on réservé un traitement de faveur aux étrangers qui visitent la Tunisie et profitent de son soleil et de sa mer pour la modique somme de trois cents euros qui ne suffisent pas pour honorer un déjeuner à Barcelone ou à Paris ?
Et quand on pense aux orientations culturelles et idenditaires fondant l’approche civilisationnelle du Président Kaïs Saïed considérant qu’un peuple qui ne connaît pas son histoire et ses faits de gloire est un peuple qui ne mérite pas d’être libre et souverain, on s’interroge si les irresponsables qui ont fermé aux Tunisiens les portes de la connaissance en les privant de goûter aux richesses de leur histoire vont continuer à agir dans l’impunité totale en faisant fi de la volonté du peuple de décoller culturellement et de faire en sorte que la culture plurimillénaire (et non trois fois comme le prétendent les historiens en mal de connaissance du parcours civilisationnel de leur pays) soit le ciment sur lequel reposera la contribution de la Tunisie à l’effort mondial de progrès et de prospérité équitablement partagés entre tous les peuples de la planète, loin de toutes les formes d’exclusion, de ségrégation et de marginalisation.
Le Président de la République ne cesse, à l’occasion de ses rencontres régulières avec la ministre de la Culture, les acteurs culturels et les intellectuels patriotes, d’insister sur l’impérieuse obligation d’inculquer aux jeunes générations la fierté légitime d’appartenir à cette culture glorieuse de leur pays.
Et ce sentiment de fierté ne peut être cultivé et renforcé continuellement qu’à la condition que les jeunes aient l’opportunité de découvrir les trésors de la Tunisie et prennent conscience de la nécessité de se mobiliser et de mener une guerre permanente contre les trafiquants d’objets historiques et les fouineurs dans les sites archéologiques, à travers l’ensemble du pays. Lesquels criminels sont écroués quotidiennement par les valeureux sécuritaires qui ont une haute conscience de leur responsabilité nationale de préserver l’histoire de la Tunisie.



