On a lu pour vous : «carHier brisée» de AOUEB Du vacarme à l’apaisement
Il y a de ces lectures qui cultivent le mystère et titillent la curiosité. Elles font l’effet d’un Objet lisible non–identifié et bousculent les adeptes des lettres.
«CarHier brisée» d’Aoueb happe par son format hybride et inclassable. La publication brouille les genres : elle est mi– poétique, mi–narrative, mi–romanesque.
La Presse —«CarHier Brisée», titre à résonnances multiples d’un ouvrage conçu et rédigé par Aoueb. Ce dernier opte pour un jeu habile de lettres afin d’identifier son écrit.
L’intitulé annonce la couleur et initie à une lecture vertigineuse. Les phrases surgissent et se laissent consommer au fil des pages.
L’ouvrage n’est pas dense : il dicte l’essentiel et impacte le lecteur, sujet aux interprétations. L’auteur, qui est à son premier coup d’essai, écrit sous un pseudonyme Aoueb.
Par choix ou par discrétion ? On le saura (peut–être) à la découverte des chapitres de sa pensée, de sa vie, qu’il décide de faire paraître en livre d’une cinquantaine de pages.
«CarHier Brisée» fait écho à plusieurs pensées, des voix qui bouillonnent, durant toute une vie, et qui, finalement, mutent en lettres. Elles s’alignent et donnent naissance à des réflexions personnelles, intimes ou autres.
Cette parution traduit une nécessité de préserver une mémoire personnelle, ou une certaine urgence d’écrire.
De par son titre, l’ouvrage fait référence aux aléas d’une vie passée, toujours vécue pleinement, traversée par d’innombrables personnes, toujours présentes, parfois absentes, marquantes, uniques.
Des esprits, qui gravitent comme des atomes autour d’une Vie : souvent, ils s’évaporent, traversent, et, parfois, ils demeurent, accompagnent et soutiennent.
Aoueb (de son vrai nom Abdelwahab) commente ainsi son essai au tout début de sa parution : «Ce que j’ai mis en mots, d’autres l’ont murmuré à travers moi». L’auteur, par amour pour les lettres, se dévoile au monde.
Se dévoiler, oui, mais toujours avec pudeur et à travers d’élégants jeux de mots. «CarHier Brisée», c’est une fragilité, longtemps tue, des silences assourdissants, quelques plaies.
Des pensées qui jaillissent des ténèbres vers la lumière. Des échecs, de la résistance et des renaissances. Des mots qui crient les maux.
«CarHier Brisée» reflète son auteur certes, mais miroite aussi le ressenti de quelques lecteurs. Chaque «Plaie» citée, correspond à 6 chapitres : La plaie Organique, celle de l’Être, de l’(A)voir, du Je(u), de la Cité et la plaie Psycho.
Au bout de ce long cheminement, il y a la cicatrisation qui apparaît telle une lumière au bout de chaque épreuve. «Là où toutes les plaies convergent, une lumière se dresse, et dans cette lumière, l’Être se relève».
L’auteur commente ainsi lui–même l’anatomie de son livre, dévoilée à travers des «plaies».
«CarHier Brisée» s’impose comme un cheminement intérieur où le vécu devient matière à penser et à écrire.
Dans un style dépouillé et fragmenté, le livre se laisse sentir lentement, délicatement, et parvient à celles et ceux qui font de la résistance… même lorsque l’horizon reste flou.



