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Tozeur : Face à l’avancée des sables, l’urgence d’une ceinture verte

  • 7 avril 19:00
  • 3 min de lecture
Tozeur : Face à l’avancée des sables, l’urgence d’une ceinture verte

À Tozeur, le désert ne frappe plus à la porte : il a déjà franchi le seuil. Alors que les routes vitales de la région s’effacent sous des vagues de sable de plus en plus agressives, le silence des autorités devient assourdissant.

Entre l’inertie administrative et la disparition des techniques ancestrales de protection, la capitale du Djerid risque l’asphyxie. Urgence signalée : saurons-nous réagir avant que l’oubli et le sable ne recouvrent définitivement nos cités ?

La Presse—Le Sud tunisien étouffe. Ce qui n’était autrefois qu’un défi naturel saisonnier est devenu une menace existentielle. À Tozeur, le désert ne se contente plus de border nos oasis ; il dévore nos infrastructures, coupe nos routes et menace d’engloutir le cœur même de notre espace urbain.

Un paysage de désolation au quotidien

À chaque souffle de vent, le même scénario cauchemardesque se répète. Les axes routiers vitaux, véritables poumons économiques et sociaux de la région, disparaissent sous des montagnes de sable. Que ce soit sur la route reliant Tozeur à Métlaoui, le tronçon stratégique vers Hézoua et Nefta, ou encore la liaison entre Hamma al-Djerid et Chebika, le constat est le même : circuler est devenu un calvaire pour les automobilistes, qui se retrouvent pris au piège de dunes mouvantes qui surgissent en quelques heures, transformant des trajets ordinaires en expéditions à haut risque.

Le paradoxe de l’oubli : où sont passées les solutions d’hier ?

Le plus tragique dans cette crise n’est pas son intensité, mais le sentiment que nous avons régressé. Il n’y a pas si longtemps, la lutte contre l’ensablement était une priorité de terrain, gérée avec pragmatisme et savoir-faire.

La pose de «tabias» (barrières de palmes), la fixation mécanique des dunes et les campagnes de reboisement créaient une ligne de défense efficace contre l’avancée du Sahara.

Aujourd’hui, ces remparts naturels tombent en ruine. Pourquoi ce savoir-faire a-t-il été abandonné ? Pourquoi les budgets de maintenance semblent-ils s’être évaporés ? Les solutions ne sont pas techniquement impossibles, elles sont simplement absentes.

L’heure n’est plus aux rapports de commissions ni aux promesses. L’avancée du sable vers les zones urbaines de Tozeur est une réalité physique qui grignote chaque jour un peu plus de terrain. Les autorités locales et les ministères concernés doivent sortir de leur léthargie.

Il est impératif de réactiver immédiatement les chantiers de fixation des dunes sur les points noirs du réseau routier, investir massivement dans le reboisement stratégique et la création de ceintures vertes pour protéger les accès de la ville, et enfin doter les municipalités de moyens matériels adéquats pour une intervention rapide dès les premières alertes météorologiques.

La désertification n’est pas une fatalité, c’est le résultat de l’abandon. Si rien n’est fait pour restaurer la barrière entre le désert et la cité, nous ne parlerons bientôt plus de Tozeur comme d’une perle du Djérid, mais comme un souvenir enfoui sous les sables.

La responsabilité de protéger notre terre et nos citoyens est une action qui urge.

Auteur

Hafedh Trabelsi

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