Baromètre CCITF 2026 : Une reprise confirmée, mais encore sous contraintes
Présenté par la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française, le baromètre économique 2026 met en évidence une amélioration mesurée de l’activité des entreprises en 2025 et des perspectives globalement positives pour 2026, malgré des freins persistants liés à la fiscalité, aux lourdeurs administratives et aux incertitudes réglementaires.
La Presse — La Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française a présenté hier les résultats de son baromètre économique 2026, réalisé auprès de 167 entreprises entre le 15 décembre dernier et le 5 mars 2026.
Réalisé par la Ccitf pour la troisième année consécutive le baromètre repose sur les réponses de dirigeants d’entreprises tunisiennes et françaises installées en Tunisie, majoritairement issues du secteur industriel, qui représente près de 49 % du panel, et du secteur des services, qui en constitue l’autre moitié.
Une dynamique des investissements
Les résultats du baromètre 2026 mettent en évidence une amélioration de l’activité en 2025 : 47 % des entreprises interrogées ont en effet enregistré une hausse de leur chiffre d’affaires, tandis que la part de celles en baisse a reculé, passant de 31% en 2024 à 19 % en 2025.
Pour 2026, les perspectives restent globalement positives, avec 55 % des répondants qui anticipent une progression de leur activité et 85 % qui prévoient une stabilisation ou une hausse de leurs investissements, précise la Ccitf dans un communiqué.
Du côté des investissements, 45 % des entreprises déclarent avoir atteint un niveau d’investissement stable en 2025, contre 40 % en 2024 et 34 % en 2023, tandis que la part des situations défavorables a marqué un net recul, les contractions supérieures à 20 % tombant à 8 % contre 17 % en 2024.
Ces évolutions convergentes sur le chiffre d’affaires et l’investissement confirment une amélioration mesurée du climat économique.
Le baromètre révèle toutefois que cette reprise demeure freinée par plusieurs contraintes structurelles. Il s’agit, d’abord, de la pression fiscale, qui reste le principal obstacle cité par les entreprises (68 %), suivie des formalités administratives (58 %) et du cadre réglementaire et économique (54 %).
Pour répondre à ces contraintes, les entreprises identifient clairement leurs priorités : les nouvelles incitations financières et fiscales sont placées en tête par 41 % des répondants, suivies de l’allègement des procédures administratives, premier choix pour 32 % d’entre elles. Ces deux leviers concentrent l’essentiel des attentes à court terme, tandis que la montée en compétences, les infrastructures et l’accès au marché local s’inscrivent dans un second cercle de priorités à horizon plus lointain, souligne la Ccitf.
Au niveau des échanges extérieurs, la France demeure un partenaire central : 76 % des entreprises déclarent maintenir ou améliorer leurs échanges avec le marché français en 2026.
L’Afrique, identifiée comme un axe de développement stratégique, reste encore insuffisamment exploitée, puisque 44 % des entreprises interrogées déclarent n’y avoir aucun échange à ce jour.
Des contraintes structurelles persistantes
Le baromètre révèle en outre que 40 % des entreprises disposent d’une démarche RSE structurée, tandis que la digitalisation progresse à un rythme soutenu. En revanche, l’usage structuré de l’intelligence artificielle reste encore limité à 15 % des répondants, ce qui confirme la nécessité d’un accompagnement renforcé sur les transitions durables et numériques.
S’exprimant lors de la conférence, Khélil Chaibi, président de la Ccitf, a déclaré que « les résultats du baromètre confirment une amélioration de la performance des entreprises en 2025, avec une activité majoritairement stable ou en progression, traduisant leur résilience. Toutefois, les perspectives pour 2026 appellent à la prudence. Il est donc essentiel de consolider cette dynamique par un environnement des affaires plus lisible, plus fluide et plus incitatif ».
« Le message est clair : malgré la reprise, la pression fiscale, les lourdeurs administratives et les incertitudes réglementaires continuent de peser sur la compétitivité des entreprises. Celles-ci expriment des attentes fortes en faveur d’incitations financières et fiscales et d’une simplification des procédures pour soutenir l’investissement et la transformation », a déclaré, pour sa part, Mohamed Louzir, secrétaire général de la Ccitf.
L’ensemble de ces résultats dessine un paysage économique en voie de normalisation, mais qui reste conditionné par la résolution de blocages structurels profonds, estime la Chambre évoquant trois axes d’action prioritaires.
Il s’agit, d’abord, de porter un plaidoyer renforcé auprès des pouvoirs publics sur la fiscalité, la simplification administrative et la lisibilité réglementaire, conditions préalables à la sécurisation des décisions d’investissement.
Intensifier, en second lieu, l’accompagnement des entreprises sur les transitions durables et numériques, en proposant des dispositifs accessibles, mutualisés et ancrés dans les réalités opérationnelles du tissu adhérent et, enfin, mobiliser les leviers commerciaux bilatéraux en consolidant la relation avec la France et en abaissant activement les barrières à l’entrée sur les marchés africains.



