La 15e édition de Fifej prévoit la participation de 10.200 jeunes bénéficiaires à travers ses projections, ses ateliers et autres activités éducatives avec une programmation comprenant 60 films issus de 35 pays répartis dans plusieurs espaces culturels de Sousse et de ses environs.
La Presse — Sousse, la perle du Sahel, a vécu, lundi dernier, au rythme du cinéma. Le Théâtre municipal de Sousse, le seul et unique espace, où peuvent être encore projetés des films, a accueilli la cérémonie d’ouverture de la 15e édition du Festival international du film de l’enfance et de la jeunesse (Fifej) en présence du public et des invités du festival ainsi que des représentants des médias, et ce, dans une ambiance bon enfant.
« Nawi », coproduction entre le Kenya et l’Allemagne, réalisée par Vallentine Chelluget, Apuu Mourine, Kevin et Toby Schmutzler, tournée en swahili et en anglais et déjà primée au Festival de Fribourg (Suisse), a été présentée en exclusivité en ouverture du Fifej. Le film a séduit les spectateurs par l’importance de son sujet et le traitement cinématographique de l’histoire de Nawi, adolescente de 13 ans dont les résultats scolaires sont les meilleurs de tout le Kenya, mais dont l’avenir bascule lorsque son père, accablé de dettes, la cède contre quelques chèvres à un homme bien plus âgé. Refusant ce sort, elle n’a d’autre choix que de fuir son village.
Une œuvre engagée et audacieuse, produite par une ONG locale, se présente comme un moyen de revendication pour le droit à l’éducation des filles ainsi que de la lutte contre le mariage forcé des enfants qui continue à sévir dans quelques contrées d’Afrique. La projection de ce long métrage a été précédée par « Lily », un court métrage de Zoubeir Jelassi, primé au festival Al Film Award à Dubaï. Auparavant, le coup d’envoi a été donné par Aymen Jellili, directeur de cette 15e édition, qui a fait savoir lors de son allocution, que le Fifej, fondé en 1991, ambitionne de renforcer son positionnement comme un véritable laboratoire d’innovation culturelle et éducative.
Cette édition prévoit la participation de 10.200 jeunes bénéficiaires à travers ses projections, ses ateliers et autres activités éducatives avec une programmation comprenant 60 films issus de 35 pays répartis dans plusieurs espaces culturels de Sousse et de ses environs : Le Théâtre municipal, l’Institut français de Sousse, la Maison de la culture de Hamam Sousse et la Maison de la culture d’El Kantaoui.
Ensuite, la place a été cédée à la présentation des jurys des quatre compétitions : Longs et courts métrages de fiction, documentaires et les films amateurs de moins de 30 ans. Cette première partie de la cérémonie s’est terminée par un spectacle de danse du chorégraphe Ahmed Ben Ali au cours duquel un groupe de jeunes filles ont réalisé une belle prestation de danse contemporaine sous les airs de musique du feuilleton « Ragouj » d’Abdelhamid Bouchnak et le célèbre poème « Ouhibou El Biled » de Sghaier Ouled Ahmed ainsi que des vers de Mahmoud Darwich. Outre les projections de films, une conférence intitulée « Images qui protègent : médiation artistique et innovation contre les violences envers les adolescents » sera organisée avec le partenariat de l’association Ado+.
Le metteur en scène Walid Aydi parlera de l’expérience du cinéma et du théâtre comme outils d’éducation et de dialogue avec les adolescents. Côté ateliers, dix sessions ont été programmées sur six jours autour du montage, du documentaire, de l’animation (deux ateliers), l’éclairage, l’écriture de scénario, le film d’une minute, la photographie, la réalisation et le jeu d’acteur. Destinés aux jeunes, ces ateliers offrent une véritable initiation aux métiers de l’audiovisuel, tout en favorisant les échanges directs avec des professionnels du cinéma. Les activités de ce 15e Fifej se poursuivront jusqu’au 11 avril.





