Un arrêté conjoint des ministères de l’Agriculture et du Commerce, publié le 2 avril 2026, fixe les taux d’extraction de la farine et du semoul et vise à uniformiser les produits de base tout en améliorant leur qualité. L’objectif affiché est de renforcer les bénéfices nutritionnels du pain et de réduire les risques sanitaires liés à la consommation de farine blanche raffinée.
Le texte réglementaire définit un seul type de semoul issu du blé dur sous l’appellation “semoul”, tandis que la farine de blé tendre est désormais subdivisée en deux catégories : la farine destinée à la fabrication du pain classique et celle réservée au pain raffiné et aux pâtisseries. Les taux d’extraction ont été précisément fixés : 70 % pour le semoul, 85 % pour la farine de pain et 71 % pour la farine destinée aux pâtisseries, avec un contrôle strict du taux de cendres afin de garantir la qualité des produits.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de critiques croissantes sur la qualité du pain consommé quotidiennement par la majorité des Tunisiens. Selon les experts, ce pain est trop souvent fabriqué à partir de farine blanche raffinée, dont la valeur nutritive est faible et qui ne contient pratiquement ni fibres ni minéraux essentiels. La consommation régulière de ce type de farine est également associée à des pics de glycémie et à un risque accru de surpoids et de diabète de type 2.
Pour la nutritionniste Dr. Chaima Ayari, cette décision constitue “un pas important vers l’amélioration de l’alimentation quotidienne des Tunisiens”. Elle précise que l’augmentation du taux d’extraction de la farine destinée au pain à 85 % permet de conserver une plus grande partie des composants du grain complet, augmentant ainsi la teneur en fibres, en minéraux et en vitamines. “Le pain riche en fibres contribue à une meilleure digestion, procure une sensation de satiété plus longue et aide à prévenir certaines maladies chroniques, dont le diabète”, explique-t-elle.
La spécialiste insiste sur l’importance de réduire la consommation de farine blanche raffinée, souvent appelée “farine blanche”. Cette farine, digérée très rapidement, entraîne une élévation rapide du taux de sucre dans le sang et est directement liée à une prise de poids et à un risque accru de diabète. Elle recommande aux consommateurs de privilégier le pain fabriqué à partir de grains moins raffinés, voire complets, pour bénéficier de ses propriétés nutritives.
Un autre point clé de la réforme concerne la réduction du taux de sel dans le pain, qui sera diminué d’environ 33 % dans le pain classique. Le pain étant l’un des aliments les plus consommés quotidiennement, cette baisse est jugée essentielle pour réduire les risques de maladies liées à l’excès de sel. La nutritionniste rappelle que l’apport quotidien recommandé en sel ne doit pas dépasser 2 grammes, une quantité déjà apportée par d’autres aliments dans le régime quotidien, ce qui rend la réduction du sel dans le pain particulièrement bénéfique.
En outre, Dr. Ayari attire l’attention sur un phénomène fréquent dans certaines boulangeries : la couleur foncée d’un pain n’indique pas nécessairement qu’il est complet ou riche en fibres. Certaines boulangeries ajoutent des colorants pour créer l’illusion d’un pain sain, alors qu’un vrai pain complet a une couleur naturellement brune, sans nuance noire.
Finalement et non moins important, la nutritionniste estime que ce nouvel arrêté pourrait contribuer à rééquilibrer le système de production du pain, surtout s’il s’accompagne d’un contrôle strict des minoteries et des boulangeries. Cette mesure pourrait également encourager une amélioration globale de la qualité des produits disponibles sur le marché, en accord avec les attentes des consommateurs soucieux de leur santé.



