Internet en Tunisie : Pannes, lenteurs, coupures, mais des factures toujours à l’heure
Qui en Tunisie ne s’est jamais plaint des services des fournisseurs d’accès à Internet ? Débit poussif, coupures à répétition, connexion instable: le constat est largement partagé.
pourtant, les usagers continuent de payer au prix fort des prestations devenues essentielles, à l’heure où une grande partie des activités relevant du travail, des démarches administratives, de l’éducation, se fait désormais à distance.
La Presse — Mais le véritable parcours du combattant commence lorsqu’une panne survient et qu’une intervention technique s’impose. Il faut d’abord contacter le service client, communiquer son numéro, attendre un hypothétique appel… et surtout espérer être chez soi au moment du passage du technicien.
Malheur à celui qui s’absente car si le technicien ne trouve personne, il faudra souvent patienter une, voire deux semaines supplémentaires pour espérer une nouvelle visite.
Une anecdote, parmi tant d’autres, illustre l’absurdité de certaines situations. Un citoyen nous confie que sa connexion a été interrompue à la suite d’un câble extérieur endommagé. Malgré des relances répétées, aucune intervention concrète.
Jusqu’au jour où on lui annonce que le technicien a tenté de le joindre… sans succès. Le problème est que l’intéressé affirme n’avoir reçu aucun appel. Qui croire ?
L’explication laisse perplexe. Le technicien aurait appelé aux alentours de 19 heures ! Une heure pour le moins inappropriée, où la plupart des foyers sont déjà repliés chez eux, peu enclins à répondre à des appels inconnus ou à accueillir un intervenant. Résultat, une panne qui perdure, et un sentiment d’impuissance face à un service défaillant.
Au-delà de cette mésaventure, c’est toute la question de la qualité de service et du respect des usagers qui est posée. Dans un secteur devenu aussi vital, l’approximation n’a plus sa place.
Et pourtant, le citoyen est souvent livré à lui-même, mal informé sur les voies de recours, les procédures de plainte ou les mécanismes lui permettant de faire valoir ses droits.
Ironie de la situation et au terme de ces dysfonctionnements à répétition, l’abonné continue de recevoir, avec une régularité implacable des messages lui rappelant que sa facture reste impayée, sous peine bien évidemment de coupure imminente.
Comme si l’exigence de paiement, elle, ne souffrait aucun retard, contrairement au service rendu.
En septembre 2025, l’Organisation tunisienne pour informer le consommateur (Otic) avait dénoncé la dégradation des services internet et télécoms en Tunisie, accusant les opérateurs d’ignorer les plaintes, de proposer des offres trompeuses et de ne pas indemniser les usagers.
L’organisation a appelé l’Instance nationale des télécommunications à sanctionner les contrevenants, à garantir des compensations et à renforcer la transparence pour protéger les consommateurs.
A se demander s’il y a eu suite ou pas. Mais, vraisemblablement, on est resté au niveau d’un communiqué publié, rien de plus.



