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Jusqu’à 700 000 m³ perdus par jour : l’hémorragie invisible

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  • 9 avril 21:23
  • 3 min de lecture
Jusqu’à 700 000 m³ perdus par jour : l’hémorragie invisible

Houssine Rhili, consultant en développement, a confirmé ce jeudi 9 avril 2026 que les indicateurs actuels laissent présager une situation hydrique meilleure que celle de l’année dernière.

C’est lors de son intervention dans l’émission Ecomag, sur les ondes d’Express Fm que M. Rhili a dressé son constat tout en expliquant que la saison agricole actuelle a été marquée par des précipitations importantes, notamment en mars et avril et touchant principalement le nord et le nord-ouest où se trouvent la plupart des barrages. 

« Cela s’est traduit positivement sur les réserves d’eau où le taux de remplissage des barrages a atteint environ 61 %, avec un stock dépassant 1,5 milliard de mètres cubes, soit une augmentation de plus de 500 millions de mètres cubes par rapport à la même période en 2025 », a-t-il indiqué.

Il a ajouté que ces précipitations ont également contribué à recharger les nappes phréatiques épuisées par des années de sécheresse, ce qui pourrait alléger la pression sur les ressources souterraines, particulièrement dans les régions intérieures.

Il ne faut pas crier victoire !

Cependant, M. Rhili a mis en garde contre les conséquences du changement climatique, notamment la hausse des températures. Il a souligné dans ce sens que les barrages perdent quotidiennement entre 650 000 et 700 000 mètres cubes d’eau à cause de l’évaporation due à la chaleur, ce qui représente une véritable saignée pour les ressources. Il a aussi noté que l’été en Tunisie est devenu plus long, s’étendant désormais de la mi-avril à la fin septembre, ce qui accroît la pression sur le système de gestion de l’eau.

Faiblesse de l’infrastructure

M. Rhili a en outre souligné que les coupures dans l’approvisionnement en eau potable enregistrées, ne sont pas uniquement dues au manque de ressources, mais sont principalement liées à la faiblesse des infrastructures.

Il a expliqué que le rendement des réseaux de distribution d’eau ne dépasse pas 65 % au niveau national, et tombe même en dessous de 50 % dans certaines régions, ce qui signifie que des quantités importantes d’eau sont perdues à cause des fuites.

Houcine Rhili a également indiqué que le taux de fiabilité des réseaux a chuté, passant de 80 % avant 2010 à moins de 66 % actuellement, reflétant ainsi l’absence d’investissements suffisants dans la maintenance et le renouvellement.

En conclusion de son intervention, l’intervenant a insisté sur la nécessité de traiter le secteur de l’eau comme une priorité nationale.

Il a appelé à accélérer la réalisation des projets hydrauliques, à soutenir la SONEDE sur les plans matériel et humain, à rénover les réseaux de distribution, à limiter les fuites et à améliorer la qualité de l’eau pour réduire le recours à l’eau minérale en bouteille.

Il a affirmé que la sécurité hydrique en Tunisie ne passe pas seulement par la mobilisation des ressources, mais surtout par une gestion efficace et le développement des infrastructures afin de garantir leur durabilité pour les générations futures.

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Auteur

Abir Chemli

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