L’apparition de publicités sur les réseaux sociaux coïncidant avec des discussions privées ne relève pas de l’espionnage, mais d’un dispositif technique sophistiqué intégré aux smartphones. Invitée sur Express FM ce 10 avril 2026, Dalel Brika, professeure universitaire et spécialiste en marketing digital, a détaillé le fonctionnement de ce mécanisme automatisé qui transforme nos paroles en données marchandes via un composant actif en permanence.
Le pivot de ce système réside dans l’architecture même de l’appareil, justifiant son appellation de « smartphone » ou téléphone intelligent. Il abrite un microprocesseur secondaire qui fonctionne en continu, indépendamment du processeur principal dédié aux tâches usuelles. Contrairement aux idées reçues, cette unité de veille ne comprend pas le langage humain ; elle détecte des occurrences sonores spécifiques pour les convertir en mots-clés exploitables par les régies publicitaires. Ce processus s’appuie sur les autorisations d’accès au micro souvent accordées par défaut à des applications anodines, comme la calculatrice ou l’agenda.
Concrètement, si un utilisateur évoque un voyage en voiture ou tout autre produit lors d’une conversation, le composant identifie le mot-clé et le transmet aux régies. L’usager, alors référencé sous l’étiquette « user X », est soumis à un système d’enchères en temps réel : la marque (sur Google ou Facebook) investissant le plus remporte la mise et affiche sa publicité instantanément. Ce ciblage est affiné par la géolocalisation via GPS, Bluetooth et Wi-Fi. Ce dernier permet de déduire une proximité physique entre usagers ou d’analyser le passage devant un commerce pour suggérer, peu après, des services de transport ou des offres locales liés au trajet effectué.
Un détail technique notable concerne l’usage des messages vocaux : lors de leur enregistrement, le microphone de l’application prend le dessus, désactivant momentanément l’unité de veille secondaire et empêchant ainsi la captation publicitaire. Pour les utilisateurs souhaitant restreindre ce profilage, l’experte préconise une mesure simple : révoquer systématiquement l’accès au microphone dans les paramètres pour toutes les applications dont l’usage ne le justifie pas strictement, limitant ainsi la capacité du téléphone à transformer l’environnement sonore en données de consommation.



