L’idée d’introduire un visa électronique (e-visa) pour les touristes étrangers, notamment européens, relance le débat en Tunisie sur la politique d’accès au territoire et la valorisation de la destination touristique.
Le politologue, consultant et homme d’affaires tunisien Sami Jallouli plaide pour la mise en place d’un e-visa payant pour les visiteurs étrangers actuellement exemptés de visa, estimant qu’il s’agit d’une mesure d’équilibre entre facilitation touristique, sécurité et optimisation des revenus.
Dans une publication largement relayée sur les réseaux sociaux, il propose un système de visa électronique assorti de frais symboliques, fixés à environ 10 dollars par touriste et 20 dollars par famille, soulignant que ce montant reste faible au regard des coûts de voyage et de séjour pour les visiteurs européens et arabes.
Selon lui, cette mesure permettrait non seulement de générer des recettes supplémentaires pour le secteur touristique, mais également de renforcer les dispositifs de contrôle aux frontières et d’améliorer la collecte de données statistiques sur les flux touristiques.
Sami Jallouli estime que l’actuelle politique d’entrée sans visa peut, dans certains cas, donner l’image d’une destination “low cost”, arguant qu’en matière de marketing, la gratuité peut parfois être perçue comme un signe de faible valorisation d’une destination.
Il plaide ainsi pour une solution intermédiaire, déjà adoptée par plusieurs pays, citant notamment le cas de l’Égypte, où les touristes étrangers doivent s’acquitter d’un e-visa d’environ 30 dollars. Une telle approche, selon lui, permettrait de concilier attractivité touristique, efficacité administrative et impératifs sécuritaires.
Le dispositif proposé permettrait également, selon l’analyste, de moderniser la gestion des flux touristiques grâce à une pré-enregistrement des données des voyageurs, facilitant les contrôles à l’arrivée et réduisant les délais dans les aéroports.
Au-delà de l’aspect financier, il estime que l’exploitation des données recueillies (nationalités, profils, destinations) pourrait contribuer à une meilleure planification stratégique du secteur touristique et à un ciblage plus précis des campagnes de promotion.
Le débat intervient alors que la Tunisie reste l’une des destinations les plus ouvertes aux touristes étrangers, notamment européens, qui peuvent actuellement entrer sur le territoire sans visa pour des séjours touristiques de courte durée.



