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Climat des affaires : La Tunisie, destination de repli pour les investisseurs étrangers

  • 12 avril 2026
  • 6 min de lecture
Climat des affaires :  La Tunisie, destination de repli pour les investisseurs étrangers

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les marchés financiers ont baissé, mais ne se sont pas effondrés. La montée des tensions soulève des interrogations sur l’évolution future des flux d’investissements directs étrangers.

Pour certains experts, cette guerre pourrait avoir des effets potentiels sur la dynamique de ces flux d’IDE.

Le climat des affaires demeure un des atouts majeurs pour améliorer les conditions d’investir et d’entreprendre, et renforcer la compétitivité nationale.

La Presse — La Tunisie n’en est pas à son premier choc externe à gérer. Et sans doute pas le dernier, et ce, en seulement ces quelques dernières années. Cela au point d’acquérir une expérience probante dans la gestion de ce genre de situation. Le conflit au Moyen-Orient n’en est qu’un de plus. Les scénarios d’impact de cette crise sur l’économie nationale sont multiples dans un contexte international marqué par la persistance des incertitudes.

Les flux d’IDE, en l’occurrence, ont tendance à se réorienter vers des zones jugées plus sûres lorsque le risque géopolitique augmente.

Dans la nouvelle configuration géopolitique et économique, la Tunisie pourrait diversifier son portefeuille d’activités économiques et d’investissements, en élargissant ses marchés potentiels de clients et de consommateurs. Elle présente, en effet, des constantes de nature à favoriser l’attraction des investissements : une ouverture économique et une volonté affichée d’approfondir les réformes et d’attirer les capitaux étrangers, et une économie qui offre des opportunités d’investissements rentables.    

Une opportunité inattendue

D’après le conseiller en investissement et fiscal, Khalil Laabidi, la Tunisie « dispose d’atouts comparatifs susceptibles d’attirer les entreprises qui quittent les pays du Golfe, mais elle doit lever de toute urgence les obstacles structurels qui freinent son attractivité ». Le départ des entreprises installées dans ces pays constitue une opportunité pour la Tunisie pour capter des flux d’investissement.

Pour saisir cette opportunité, « des actions immédiates s’imposent : le lancement de missions économiques ciblées vers les pays du Golfe, la mise en place d’un traitement prioritaire et effectif des dossiers d’investissement en provenance de ces zones, ainsi que des efforts de communication sur la stabilité macroéconomique et la qualité des fondamentaux institutionnels du pays ».

La Tunisie, un refuge pour les investisseurs

L’aggravation de la situation remet en lumière les liens économiques où la Tunisie est appelée à renforcer sa position en tant que destination attractive pour les investissements et pour les échanges commerciaux. Selon le directeur général de l’Agence de promotion de l’investissement extérieur, Fipa, Jalel Tebib, les derniers développements survenus dans les pays du Golfe pourront renforcer la position de la Tunisie en tant que site attractif, voire un « refuge » pour les investisseurs étrangers, notamment ceux orientés vers les grands marchés européens.

Dans une récente interview accordée à l’agence TAP, le responsable a souligné que les répercussions économiques du conflit au Moyen-Orient se font sentir à l’échelle régionale et mondiale. En effet, plusieurs scénarios pourraient être envisagés pour tenter d’y mettre fin, selon plusieurs analystes et experts économiques.

A la fin de l’année 2025, la Tunisie est parvenue à attirer des flux d’investissements dépassant les 3,5 milliards de dinars et les prévisions tablent sur 4 milliards  de dinars (MD) pour l’année 2026, grâce notamment à l’attractivité du secteur industriel qui a accaparé la plus grande part de ces investissements.

Les données publiées révèlent que la répartition par pays du flux des investissements directs internationaux hors énergie place les partenaires traditionnels de la Tunisie, la France, l’Allemagne et l’Italie en tête de liste. Les mêmes indicateurs dévoilent, en outre, l’entrée de nouveaux acteurs économiques à la recherche d’un climat d’affaires pourvoyeur de compétences logistiques et capable d’accéder rapidement aux marchés mondiaux, ce qui permettra d’augmenter la contribution de l’investissement étranger au produit intérieur brut (PIB), laquelle devra osciller entre 3 et 4%.

La Tunisie a pris plusieurs mesures visant à améliorer le climat d’investissement, notamment, la simplification des procédures pour les investisseurs à travers la suppression de plusieurs autorisations et la révision en cours de la loi sur l’investissement.

Le directeur général de la Fipa table sur « la concrétisation de la moitié des intentions d’investissement enregistrées en 2025, dans un contexte où la crise au Moyen-Orient renforce l’attractivité de la Tunisie comme destination de repli pour les investisseurs étrangers ».

Stratégie nationale de promotion

Sur le plan de la promotion, les structures de tutelle s’emploient à mettre en œuvre une nouvelle stratégie destinée à attirer les investissements directs étrangers, en tenant compte des mutations intervenues sur la scène internationale.

Cette stratégie vise essentiellement à porter les investissements à 4 milliards de dinars en 2026, en mettant l’accent sur les secteurs à forte valeur ajoutée, tels que les industries des composants automobiles et aéronautiques, l’industrie pharmaceutique, l’économie numérique, ainsi que les industries mécaniques, électriques, agroalimentaires et le textile-habillement. Elle ambitionne également de renforcer le taux d’intégration dans le secteur automobile, qui devrait passer de 40 à 55 % en 2026.

Elle prévoit également la mise en place de canaux numériques modernes, sous le slogan « Investir en Tunisie », afin d’unifier les programmes de promotion et d’en élargir la portée, conformément au programme économique et social du gouvernement pour 2026.

Cette stratégie met en avant les atouts compétitifs du pays, notamment ses ressources naturelles, sa situation géographique et son capital humain.

Dès lors, la Tunisie devrait redémarrer la machine économique dans le cadre de la diplomatie économique et développer les grands IDE. Elle devrait aussi profiter de ses relations spécifiques avec certains pays amis pour conclure des accords de partenariat fructueux et renforcer des structures d’appui au développement économique.    

Auteur

Najoua Hizaoui

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