Kaïs Saïed aux diplômés de l’enseignement supérieur : «Nous tenons toujours nos engagements»
Lors d’un échange avec des diplômés de l’enseignement supérieur en marge de la commémoration du 88e anniversaire de la fête des Martyrs, le Président de la République, Kaïs Saïed, a réaffirmé l’engagement de l’État à accélérer la mise en œuvre de la loi n°18 de 2025 relative au recrutement des demandeurs d’emploi de longue durée, soulignant que les textes réglementaires nécessaires à son application sont en cours d’élaboration.
La Presse —Des diplômés de l’enseignement supérieur ont appelé à accélérer l’application de la loi n°18 de 2025, lors d’un échange avec le Président de la République, Kaïs Saïed, en marge de la commémoration du 88e anniversaire de la fête des Martyrs, au carré des Martyrs de Sijoumi, à Tunis. Cette loi, rappelons-le, prévoit des mesures exceptionnelles de recrutement au profit des demandeurs d’emploi confrontés à un chômage de longue durée, notamment dans le secteur public.
Il convient de souligner toutefois que cette crise, qui semble aujourd’hui amorcer son dénouement, remonte à 2012. Les docteurs chercheurs ont mené de nombreuses actions de protestation, notamment des grèves de la faim et des sit-in, afin de revendiquer des emplois au sein des institutions d’enseignement supérieur et de recherche. Leur objectif est somme toute logique. Il s’agit d’obtenir des postes en adéquation avec leurs qualifications, aussi bien dans les ministères que dans les établissements de recherche.
Suite à cette longue attente et au début de l’année 2025, un groupe de docteurs chercheurs a entamé un nouveau mouvement de protestation en raison de l’absence de régularisation de leur situation professionnelle. La demande principale des docteurs chercheurs est une intégration sur le marché du travail, en tant que titulaires des plus hauts diplômes nationaux.
Les chiffres à ce propos sont alarmants avec 7.000 docteurs chercheurs actuellement sans emploi, selon les statistiques du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
Au cours des dernières années, les docteurs chercheurs ont dénoncé à plusieurs reprises la lenteur des procédures administratives au sein dudit ministère. Ils appellent également à une révision urgente des décrets gouvernementaux afin de faciliter leur intégration professionnelle. De son côté, le Président Kaïs Saïed a récemment insisté sur la nécessité d’un règlement rapide de ce dossier.
Soucieux d’accélérer le traitement du dossier de l’emploi des diplômés et d’apporter des réponses concrètes à leurs revendications, le Président de la République a reçu en septembre 2025 un groupe de titulaires de doctorat pour discuter de l’emploi des diplômés de l’enseignement supérieur. A cette occasion, il a réaffirmé que le concours demeure le principal mode de recrutement dans la fonction publique, tout en insistant sur la transparence et l’égalité des chances
Et c’est dans cette optique que le Chef de l’Etat a veillé à instaurer une nouvelle loi visant à recruter des docteurs en chômage de longue durée. Cette loi a été par ailleurs publiée au Journal officiel fin 2025. En toute logique, elle faisait suite à l’engagement de l’État à régulariser la situation de ces chercheurs, avec des promesses d’intégration dans la fonction publique pour plusieurs milliers d’entre eux. Il s’agit là d’une initiative visant à absorber le chômage des titulaires de doctorat, après des années de sit-in.
Évoquant le chômage prolongé des diplômés, il a souligné l’urgence de valoriser leurs compétences au sein des structures publiques, tout en appelant à mobiliser les compétences nationales pour contribuer à la construction et à la relance du pays.
Que n’a-t-on pas dit après la publication de cette loi ? Certains ont évoqué un désengagement de l’État dans l’application de ce nouveau texte, cherchant ainsi à en discréditer l’initiative. Ils savent pourtant que la mise en œuvre d’une loi nécessite, dans la plupart des cas, l’adoption de textes réglementaires dont des décrets d’application ou des arrêtés destinés à en préciser les modalités concrètes. Ces instruments juridiques définissent les procédures, les critères ainsi que l’organisation requise pour son application, la loi fixant quant à elle les principes généraux, rien de plus.
À cet effet, lors de la célébration récente de la fête des Martyrs, le Président de la République a tenu à rassurer une des citoyennes qui a abordé la question de ce «retard» dans l’’exécution de la loi. Il a déclaré : «Le travail est en cours pour l’élaboration des textes réglementaires qui vous permettront effectivement de jouir de vos droits». Ajoutant : «Nous tenons toujours nos engagements», soulignant ainsi la détermination de l’État à respecter ses promesses dans ce contexte.
Il convient de rappeler, en définitive, qu’entre l’adoption d’une loi et son application effective s’intercale nécessairement une phase de traduction réglementaire, indispensable à sa mise en œuvre concrète.



