gradient blue
gradient blue
A la une Société

Le nouveau pain : Des polémiques inutiles

  • 12 avril 2026
  • 6 min de lecture
Le nouveau pain : Des polémiques inutiles

Nous possédons douze millions de techniciens qualifiés spécialisés en football. La mise sur le marché du «nouveau» pain nous donne l’occasion de découvrir que nous disposons de douze millions de nutritionnistes.

La Presse —On vient à peine de redresser une situation qui ne pouvait durer. A l’occasion du mois de Ramadan, nous assistons à l’apparition d’une multitude de «pains» que les consommateurs achètent sans broncher à des prix incroyables.

Aucun de ces nutritionnistes n’a relevé la composition, le lieu de leur confection, les conditions d’hygiène, etc.

Ces pains confectionnés avec du n’importe quoi, le docteur «Hakim» conseille de ne pas en consommer parce que les uns sont faits avec de la graisse de poulet, les autres avec des huiles douteuses, sans compter les ingrédients qu’on ajoute pour que cela sente bon.

Ceux qui vont en croisière, voyagent, accomplissent une omra ou un pèlerinage, ceux qui visitent nombre de pays ne se demandent jamais de quoi est fait le pain qu’ils consomment. Il y a de tout, et c’est tout simplement la cour des miracles.

Notre baguette nationale n’était pas sans reproche. La farine utilisée pour sa fabrication était porteuse de bien des maux que l’on a été obligés de subir jusqu’au jour où on s’est décidé d’y aller. Il fallait corriger cet inconvénient qui menaçait la santé.

Le pain étant un élément de base à côté de tous les plats préparés et on a vu des personnes manger du couscous avec du pain !

Ce nouveau pain mis sur le marché a été étudié avec attention par des nutritionnistes qui ont soutenu sa mise sur le marché. Il est bénéfique.

Et voila que fleurissent sur les réseaux sociaux une multitude de reproches. Le son qu’il contient est, d’après ces connaisseurs, nocif. Le son est nocif ? Oui, mais tout dépend de la quantité qu’on consomme et de la santé de ceux qui le consomment. On achetait bien du pain à base de son pour faire un régime et maigrir. Et on le payait cher.

Sans oublier la réaction de ceux qui se servaient de la farine livrée pour confectionner du pain et dont les pâtissiers se servaient pour leurs gâteaux vendus à prix d’or.

L’actuel pain mis sur le marché contient du son mais la quantité est loin, très loin du danger qu’on essaie de mettre en relief, rien que pour le plaisir de se faire remarquer et soulever une polémique inutile et vindicative.

Marouane Ziane, membre du Conseil national des régions et des districts, a qualifié de révolution sanitaire la décision conjointe publiée au Journal officiel de la République tunisienne, relative à l’augmentation du taux d’extraction de la farine et de la semoule de 78 à 85%.

Ce pain, riche en son et en vitamines, contribuera à prévenir plusieurs maladies telles que le diabète et les maladies cardiovasculaires, et permettra également à l’État de disposer d’un mois de blé par an, générant ainsi des économies de plusieurs milliards.

Cela mettra fin aux monopoles et à la manipulation des farines subventionnées, détournée par centaines de tonnes pour d’autres usages, soulignant que ce nouveau pain est sain et de grande qualité.

Il a confirmé que les prix du pain resteraient inchangés : la baguette demeurerait à 190 millimes (il fallait profiter pour arrondir officiellement le prix à deux cents millimes) et le grand pain à 230 millimes.

Réglementation du secteur

Le président de la Chambre nationale des boulangers, Yahya Moussa, a confirmé le début de la production de farine et de semoule dans plusieurs minoteries.

Il a ajouté que la nouvelle mesure, publiée au Journal officiel, réglementera le secteur et contrôlera l’utilisation de la farine subventionnée.

Toutes les boulangeries devraient commencer à fabriquer et à vendre du pain selon la nouvelle recette le 15 avril.

Pour lever toute équivoque, nous reproduisons in extenso des conclusions scientifiquement prouvées:

«En 2010, les experts de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EfsA) ont émis un avis sur les bienfaits du son de blé. Deux allégations ont été approuvées.

L’Efsa estime aussi que le son de blé permet une réduction du temps de transit intestinal, ce qui est jugé bénéfique. Les études montrent que les fibres de son de blé consommées à raison d’au moins 10 g/jour réduisaient le temps de transit intestinal.

Des études ont montré que le son de blé peut réduire les symptômes digestifs, tels que les ballonnements. Riche en prébiotiques, des fibres non digestibles qui nourrissent les bonnes bactéries intestinales, ce qui favorise la santé intestinale.

Lutter contre le surpoids

Des études sur de grands volumes de données montrent que la consommation de fibres alimentaires est liée à des effets positifs sur la prise de poids et l’obésité et un appétit moins important qui implique des apports caloriques moins élevés.

Des études ont aussi signalé une réduction de l’apport alimentaire après un repas enrichi en son de blé, bien qu’il ne soit pas à ce stade clairement établi que cet effet est durable.

De nombreuses études mettent en exergue le rôle possible du son de blé dans la prévention de certains types de cancers.

Il y a notamment un lien entre la consommation de son de blé et la réduction du risque de cancer du côlon, qui est le troisième cancer le plus fréquent dans le monde.

D’autres composants du son de blé – tels que les antioxydants naturels comme les lignanes phytochimiques et l’acide phytique – peuvent également intervenir dans ce processus bénéfique.

Il a également été démontré que la consommation de son de blé augmente de manière significative la production d’acides gras à chaîne courte bénéfiques.

Ces acides gras sont produits par des bactéries intestinales saines et constituent une source majeure de nutrition pour les cellules du côlon.  

Le son de blé peut également jouer un rôle protecteur contre le développement du cancer du sein grâce à sa teneur en acide phytique et en lignane.

Plusieurs études cliniques ont établi un lien entre les régimes riches en fibres et une diminution du risque de maladie cardiaque».

Nous nous arrêtons là, nombre d’études sont disponibles et on peut les consulter pour être convaincu si on ne l’est pas

Restent les inconvénients (gluten, fructane, phytique, etc, nous n’en sommes pas là, étant donné que la consommation est équilibrée et même pour les gênes que cela pourrait provoquer pour une minorité, les dispositions à prendre sont à la portée de tout le monde.

Auteur

Kamel GHATTAS

You cannot copy content of this page