Ligue 1 – 25e journée – Le CA touché mais pas coulé : Envers et contre tout
crédit photo : © Mokhtar HMIMA
Eu égard à son nul frustrant ramené de Monastir, le Club Africain a peut-être compromis ses chances de remporter le titre, quoique la vérité d’hier ne soit pas celle d’aujourd’hui, ni celle de demain.
La Presse — En lâchant des points au Mustapha Ben Jannet, le CA s’expose donc au retour au premier plan du tenant qui aura l’occasion de reprendre les commandes à la réception de l’ESZ. La parité concédée au Ribat laisse donc forcément des regrets pour le Onze à Faouzi Benzarti, et ce, en dépit d’une domination territoriale sur l’ensemble de la partie. Imparfait même et surtout prévisible avec ces longs ballons de l’axial Cherifi et Ben Abda vers Chawat, des longs centres qui ont fait le bonheur des pistons et défenseurs usémistes. Et puis, quand on veut forcer son destin, l’on doit pouvoir compter sur cette force tranquille, cette lucidité qui doit habiter un attaquant. Or, si Kinzumbi a encore déçu, Bouguerra ne s’est pas adapté à ses partenaires pour garder la tête froide au moment de conclure. Passons le fait d’être maladroit ou imprécis sur l’action du match, il a tout simplement été incertain avec ce que cela implique pour le CA. Les puristes étaient unanimes en amont, ces derniers jours. Si la marge d’erreur est désormais nulle pour le CA, un cycle engagé avec force convictions, jusqu’au bout, mènerait les Clubistes vers les cimes. Aujourd’hui, dans cette dernière ligne droite de la saison, le CA va devoir s’accrocher pour conserver sa place dans le bon wagon, c’est-à-dire maintenir son rang, sans pour autant perdre de vue que la place de dauphin est toujours convoitée si les Clubistes regardent dans le rétroviseur.
Mesurer sa résilience maintenant !
Aujourd’hui aussi, le CA ne doit pas jeter l’éponge chapitre course au titre car il aura l’occasion d’engager une confrontation directe avec le tenant, à Radès, même si les «Sang et Or» évolueront devant leurs fans. Faouzi Benzarti, à son tour, va devoir trouver la parade, remobiliser ses troupes et surtout trouver la bonne association au cœur du jeu et sur le front de l’attaque. Certains joueurs au talent certain et à l’apport indéniable doivent aussi être ranimés, à l’instar d’Aymen Harzi en baisse, Bilel Ait Malek inconsistant et un Firas Chawat souvent hors-jeu, manquant de coordination avec ses coéquipiers ou anticipant trop tôt son appel de balle. En clair, à l’avenir, pour remédier à cela, Faouzi Benzarti devrait forcément conseiller à son buteur fétiche de varier davantage ses courses, de travailler son timing, adopter peut-être aussi un rôle d’attaquant avancé ou de s’assurer d’être sur la
même ligne que le dernier défenseur au départ du ballon. A présent, le Club Africain a peut-être raté le coche à Monastir et manqué l’occasion de bousculer davantage la hiérarchie établie depuis quelques saisons déjà en L1, mais c’est forcément maintenant ou jamais que l’on pourra mesurer la résilience clubiste et évaluer la capacité du club à rebondir. Depuis toujours, les dogmes du CA reposent sur l’identité clubiste et la quête éternelle de grandeur. Et avec le Club Africain, c’est souvent tout ou rien et jamais dans l’entre-deux !



