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Société

Projets en suspens : Quand l’inaction devient complicité

  • 13 avril 2026
  • 5 min de lecture
Projets en suspens : Quand l’inaction devient complicité

Le fait de renvoyer aux calendes grecques un projet ne peut s’expliquer que par deux raisons et non trois.

En effet, les réunions se multiplient pour mettre à jour la marche forcée du gouvernement en vue de dépoussiérer ces centaines de projets dont le budget est disponible et que l’on garde soigneusement au chaud.

Pourtant, nous avons l’obligation d’exiger cette concrétisation qui aboutit à une relance économique, une baisse du chômage et, surtout, une crédibilité dont nous avons besoin sur le plan international.

La Presse — Nous relevons, avec satisfaction, que la Tunisie est de plus en plus crédible et que les partenaires désirant y lancer leurs projets se multiplient, ce qui garantit l’emploi, une bouffée d’oxygène pour les régions et surtout un prestige à redorer, ce qui est loin d’être négligeable.

Il y a d’autres pays qui attirent ces investisseurs pour un certain nombre de critères, mais la Tunisie s’impose par la qualité et le niveau de sa main-d’œuvre.

De ce fait, nous nous retrouvons face à la résistance de ceux qui refusent que le pays avance et se replace pour résoudre bien des problèmes sociaux. C’est là une des raisons de ce freinage à mort qui nous porte tant de préjudices.

C’est ensuite la pesanteur d’une léthargie qui ne date pas d’aujourd’hui. Il y a malheureusement des responsables pour qui le temps ne compte pas. Tant que leurs émoluments, leurs  bons d’essence et leur voiture de service sont en règle, tout le reste n’est que fadaise. Ça peut attendre !

Les aliments composés

Il y a un projet que tout le monde attend et qui pourrait résoudre bien des problèmes. Celui de la Société nationale Bir Mateur pour les aliments composés. Un projet  attendu avec impatience par tous les agriculteurs du gouvernorat de Bizerte.

Ces aliments composés, nous en entendons parler tous les jours. Et cela ne semble pas réveiller les consciences. Le cheptel bovin ou ovin est en train se perdre à cause du renchérissement de ces aliments composés, dont a besoin le bétail. Et ceux qui sont chargés de concrétiser l’unité de production, dorment du sommeil des justes.

Pourtant, il a été conçu pour alléger le coût exorbitant de l’alimentation animale pour les éleveurs. A moins qu’il n’ait été réalisé la semaine passée, il est au point mort depuis huit mois, malgré le respect de toutes les spécifications requises.

La question incontournable qui se pose : à qui profite ce retard ?

Il ne faudrait pas faire un dessin pour l’expliquer : tout simplement aux lobbies de l’alimentation animale.

Les conséquences sont claires et elles sont évoquées à chaque fois qu’on se pose la question à propos de ce mouton de l’Aïd qui coûtera les yeux de la tête. A chaque fois que l’on est surpris de voir le prix du kilo de viandes rouges augmenter de manière régulière et dont la menace stratégique devient de plus en plus pesante, oppressante.

Assez de conditions

Même s’ils sont pris à la gorge, ces représentants des lobbys (on ne peut malheureusement pas les appeler autrement), mis sur la sellette, s’en tireront en évoquant les mille et une conditions posées pour le lancement des projets du genre. On a beau assurer que l’on a allégé ces conditions, rien n’y fait. Et tout comme une loi est vidée de sa substance par les décrets d’application, ces conditions bloquent toute initiative et mettent un terme à toute possibilité d’avancer.

Où est la tutelle ?

Question qui s’impose, pourquoi les différents dossiers ne sont pas automatiquement contrôlés au niveau de la concrétisation par les tutelles respectives ? C’est en fin de compte leur travail, car tout ce qui est réalisé fait partie de leur réussite et tout ce qui demeure en suspens ou qui avorte, elles en sont responsables. C’est la règle du jeu.

Pour ce dossier d’alimentation animale, combien d’éleveurs sont-ils sur la corde raide? Avec l’arrivée des grandes chaleurs, l’épuisement des parcours et les moyens limités, ces éleveurs qui ont d’ailleurs beaucoup de mérite, risquent de ne trouver  que deux voies passantes : l’abattoir ou la cession de leurs bêtes à ceux qui sont à l’affût et n’attendent que cela, pour assécher la place et spéculer à leur guise.

C’est la raison pour laquelle la mise en veilleuse de tout ce qui est décidé est tout simplement un moyen d’aider cette spéculation qui tire sa force de ces défaillances humaines, qui servent énormément les intérêts d’un clan précis plutôt que ceux d’une économie qui cherche à sortir la tête de l’eau.

Il faudrait de ce fait, non pas seulement décider de dépoussiérer ces dossiers, mais aussi responsabiliser, exiger un timing, demander des comptes et agir avec fermeté contre ceux qui entravent la concrétisation de projets qui sont, qu’on le veuille ou non, stratégiques.

Auteur

Kamel GHATTAS

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