Le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse ses perspectives de croissance mondiale, mardi, les ramenant à 3,1 % pour 2026, en raison notamment de l’escalade militaire dans le Golfe et au Moyen-Orient.
Selon le dernier rapport du FMI, l’économie mondiale devrait subir cette année les conséquences « négatives » des tensions géopolitiques. La croissance globale est désormais attendue à 3,1 %, contre 3,3 % auparavant, soit un recul de 0,2 point de pourcentage par rapport aux prévisions de janvier.
Ce nouveau chiffre repose sur un scénario de référence jugé « plus optimiste », basé sur l’hypothèse d’un conflit de courte durée. En revanche, dans un scénario défavorable prévoyant un conflit prolongé, la croissance du PIB mondial pourrait tomber à 2,5 % cette année.
« Les risques de dégradation dominent ces perspectives », souligne l’institution, estimant qu’« une prolongation ou une extension du conflit, une aggravation de la fragmentation géopolitique, une réévaluation des attentes liées à la productivité induite par l’intelligence artificielle, ou encore un regain de tensions commerciales pourraient sensiblement fragiliser la croissance et déstabiliser les marchés financiers ».
Par pays, la croissance américaine devrait être légèrement affectée, avec un taux attendu de 2,3 % en 2026, soit 0,1 point de moins que lors de la précédente projection de janvier.
Concernant la Chine, le FMI a abaissé sa prévision de croissance à 4,4 % cette année, confirmant un ralentissement malgré l’allègement des droits de douane américains et la mise en place de mesures de relance. Cette estimation est en léger recul par rapport à la projection de 4,5 % annoncée en janvier, après une croissance de 5 % en 2025. Le Fonds maintient toutefois sa prévision à 4 % pour 2027. La croissance de l’ensemble de l’Asie émergente et en développement a également été revue à la baisse.
S’agissant de la zone euro, la prévision de croissance a été abaissée de 0,2 point, à 1,1 % pour 2026. Toutes les principales économies de la zone sont concernées, à des degrés divers : l’Allemagne (0,8 %, -0,3 point), l’Italie (0,5 %, -0,2), l’Espagne (2,1 %, -0,2) et la France (0,9 %, -0,1). En dehors de l’Union européenne, le Royaume-Uni est plus fortement touché, avec une croissance révisée à 0,8 % (-0,5 point).
Côté inflation, celle-ci devrait accélérer modérément en 2026 avant de ralentir à nouveau en 2027. Le FMI recommande ainsi de « promouvoir la souplesse, maintenir des cadres d’action crédibles et renforcer la coopération internationale afin de faire face au choc actuel, tout en se préparant à de futures perturbations dans un environnement mondial de plus en plus incertain ».



