Point de vue : Le foot des agents de joueurs !
La Presse — La dernière publication de Fahd Mismari, joueur libyen évoluant au CA, lui a valu une sanction de la part de son club. Il s’est excusé, reconnaissant son erreur. Peu utilisé depuis son arrivée l’année dernière, Mismari a dénoncé les « intermédiaires et agents de joueurs qui le bloquent ».
Ce qu’il a dit n’est pas totalement faux. Dans tous les clubs tunisiens, le pouvoir de certains agents de joueurs et d’entraîneurs est si puissant. En grande partie, ce sont eux qui agissent dans les coulisses, dans les vestiaires, dans ce monde caché qui n’est pas accessible aux médias et aux supporters.
Tout un monde fait de connivences et d’intérêts croisés où le mérite et l’effort viennent après les considérations personnelles et le « business ». Mismari a dit ce que la plupart de ses coéquipiers disent même en public. C’est un fait qui se vit et qui se confirme au gré des saisons.
Les entraîneurs et les dirigeants sont maniés en partie par ces agents qui imposent leurs diktats et qui, via un système suspicieux, exigent certains choix sportifs, au détriment souvent de joueurs de qualité, mais qui sont mis au placard. Mismari a été clair dans sa déclaration, avant de faire marche arrière sous la menace des sanctions. D’autres joueurs n’ont pu, eux aussi, démontrer ce dont ils sont capables parce que leurs agents ne sont pas si puissants et influents ou parce qu’ils n’obéissent pas aux règles établies dans les clubs.
Où est passé un certain Hamza Rafiâa, un joueur de qualité et de métier recruté par l’EST ? Il a disparu des radars doucement, alors que les supporters de l’EST ne comprennent pas pourquoi il est écarté.
Comme aussi Mouhli dont le bras de fer avec les dirigeants de l’EST n’est point un secret. Jusqu’à quand on devra subir cette loi des agents des joueurs qui profitent de la fragilité des clubs et de structures fragiles qui rendent ce club une partie facile ? On le dit dans les milieux du football tunisien jour et nuit, le joueur qui veut s’imposer doit avoir un agent puissant et influent pour convaincre un entraîneur.
Et les mêmes entraîneurs sont aussi maniés par des agents qui leur permettent de trouver preneurs en Tunisie ou ailleurs. On n’est plus dans ce football où le talent et l’application d’un joueur l’aident à jouer, mais on se trouve dans un football impitoyable et indifférent au talent et au mérite. Ceux qui jouent, qui entraînent, qui dominent les médias sont « pistonnés » par leurs agents qui tirent les ficelles. Et tout se paye et se fait sans scrupules et sans qu’on puisse intervenir.



