Ridha Zahrouni : “Quel est l’intérêt d’enseigner l’anglais ?”
Le président de l’Association tunisienne des parents et élèves, Rida Zahrouni, a exprimé, ce vendredi 17 avril 2026, de fortes réserves concernant la proposition visant à renforcer l’enseignement de la langue anglaise dès la deuxième année de l’enseignement de base.
Selon lui, cette réforme soulève des interrogations sur sa pertinence dans le contexte actuel du système éducatif tunisien, marqué par des difficultés persistantes dans l’apprentissage des langues déjà enseignées, à savoir l’arabe et le français.
Des contraintes humaines et financières importantes
Rida Zahrouni a estimé que la mise en œuvre d’une telle réforme nécessiterait une importante préparation, notamment en matière de ressources humaines et de formation des enseignants. Il a également évoqué des coûts financiers élevés liés à la révision des programmes scolaires, à la formation continue et à la mise à disposition de nouveaux outils pédagogiques.
Intervenant sur Express Fm, il a souligné que l’introduction d’une troisième langue intervient alors que le système éducatif fait face à des difficultés structurelles, notamment dans la maîtrise des langues de base.
Il a notamment rappelé que l’enseignement des mathématiques est lui-même affecté par les lacunes linguistiques des élèves, en particulier en français, ce qui a un impact direct sur la compréhension des matières scientifiques et sur les résultats scolaires.
L’anglais déjà accessible en dehors de l’école
Le responsable associatif a en outre estimé que l’apprentissage de l’anglais est aujourd’hui largement accessible en dehors du cadre scolaire, grâce aux outils numériques et à l’autoformation. Selon lui, cette réalité interroge la valeur ajoutée d’un enseignement formel supplémentaire dans le cursus scolaire.
Au-delà de la question des langues, Rida Zahrouni a insisté sur un problème plus profond, à savoir les difficultés des élèves en lecture et en écriture. Il a rappelé que le taux d’abandon scolaire précoce reste élevé, atteignant environ 50 %, en grande partie en raison des lacunes en arabe et en français.
Pour le président de l’Association tunisienne des parents et élèves, la priorité devrait être donnée au renforcement des compétences dans les langues déjà intégrées au système éducatif. Dans ce contexte, il estime que l’introduction de l’anglais ne constitue ni une urgence ni une nécessité pédagogique immédiate.



