A environ 40 jours de l’Aïd Al-Adha, Midani Dhaoui, président du Syndicat des Agriculteurs de Tunisie (Synagri), a annoncé que même si un certain manque est de mise au niveau du cheptel, La Tunisie est à même d’y pallier et couvrir les besoins des citoyens en de telles occasions.
Dans une récente déclaration accordée au micro de la Radio Nationale et en guise de réponse aux rumeurs qui se propagent quant au manque du cheptel, et tout en indiquant qu’il faut entre 900 000 et 950 000 moutons pour couvrir les besoins des Tunisiens durant la période du Sacrifice, l’intervenant a assuré que la Tunisie dispose déjà d’un nombre respectable de troupeau et peut assurer le reste.
De la viande pour tous !
M. Midani a toutefois enchaîné en appelant les citoyens à ne pas s’adonner à l’achat frénétique. Il a assuré que la ruée, l’engouement et l’affluence frénétique sont toujours à l’origine de toute pénurie. « Il y aura de la viande pour tout le monde si on se comporte de façon non disproportionnée », a-t-il laissé entendre. L’intervenant a d’ailleurs invité les mauvaises langues qui crient sur tous les toits que « cette année les Tunisiens ne vont pas pouvoir sacrifier » de cesser de terroriser à tort les Tunisiens. « Le fait de parler d’un manque ne veut en aucun cas dire que les besoins ne seraient pas couverts », a-t-il martelé. Il a ajouté dans cet ordre d’idées que seule la rationalisation de la consommation est à même de nous protéger de toute pénurie. Et d’expliquer qu’il entend par « rationalisation » d’opter pour la mesure et de se contenter, par exemple, d’un mouton de 15 à 20 kilos au lieu d’un mouton de 25 à 40 kilos.
Miser sur la culture de la production
D’ailleurs, ajoute-t-il, et de par sa position de représentant des agriculteurs, il confirme qu’il a toujours lutté contre la culture de la consommation. « Si nous voulons mettre un terme à nos manques et de façon radicale, il est crucial de miser sur la culture de production au lieu de celle de la consommation. Dès lors, je préfère qu’on investisse dans la production et le développement de notre cheptel, au lieu d’investir dans l’importation de moutons qui sont destinés au sacrifice et donc à la consommation immédiate », observe-t-il. Et d’ajouter : « qu’on soit raisonnable ! La Tunisie n’est pas un cas isolé, tous les pays du monde sont impactés par ce qui se passe sur la scène mondiale ! Il va falloir se montrer un brin visionnaire et ne pas se contenter de regarder le bout de son nez en voulant, coûte que coûte, tout avoir aujourd’hui sans jamais penser à demain ! A l’instar de plusieurs pays au monde, nous sommes face à des conditions climatiques difficiles où l’on a frôlé la sécheresse durant des années d’affilée, nous avons été impactés par la pandémie du Covid19, nous importons l’engrais des pays comme l’Ukraine et la Russie et ces pays sont en guerre depuis des années… Tout ceci influe négativement sur les productions agricoles, non pas seulement en Tunisie mais dans tous les pays du monde spécifiquement les pays de la Méditerranée. Ce n’est pas pour autant la fin du monde ! De telles conditions sont censées nous pousser à apprendre à devenir autonomes ! Et au lieu d’importer de la viande qu’on va consommer et rebelote l’an prochain, il vaut mieux importer de quoi enrichir nos productions nationales et investir dans la protection de nos cheptels comme le fait d’investir dans des campagnes de vaccination préventives ! Et si l’on veut justement atteindre cette autonomie et être dans la mesure de couvrir nos besoins, il faut se montrer rationnel, responsable et mesuré dans la consommation ! Il faudrait aussi miser sur l’incrimination de l’égorgement des femelles en dehors des règles, en contrôlant de façon plus rigoureuses les abattoirs ».
Des prix raisonnables
Concernant les prix, l’intervenant a indiqué que le prix du mouton au kilo acheté directement auprès de l’agriculteur sans faire appel à des intermédiaires, est vendu environ au même prix de la viande achetée auprès des bouchers, c’est à dire entre 50 et 60 dinars le kilo. « Un mouton de 20 kilos devrait couter entre 1000 et 12000 dinars si on l’achète auprès du producteur. Et il est à noter que l’an dernier le prix était de 50 à 55 dinars le kilo, soit entre 1000 et 1100 le mouton de 20 kilos », note-t-il.
Pour conclure, l’intervenant a mis l’accent sur la nécessité de mettre en place toute une stratégie qui se présente comme un plan bien étudié lequel ne repose pas sur les solutions de rafistolage. « Il faut des solutions qui éradiquent les raisons du problème et du coup, investir dans la production et non pas dans la consommation. C’est la seule solution pour restituer le cheptel et non pas en important de la viande consommable ».



